Alive in Us
7.2
Alive in Us

Album de Darkness Falls (2011)

Produit par Trentemoller, Darkness Falls fait dans la pop 60’s pervertie par un climat trouble Lynchien. On connaît la chanson d’accord ! N’empêche on y replonge !
Tout est joli dans l’univers de, Josephine Philip (voix & orgue) et, Ina Lindgreen (basse & guitare), le charmant duo qui compose Darkness Falls : élégance des mélodies, voix assurée à la Nancy Sinatra, atmosphère feutrée, arrangements classieux. Le monde des Danoises renvoie donc aux années 60, de John Barry à Lee Hazlewood , voire même Ennio Morricone sur un dernier instrumental de western siffloté gaiement.
Pourtant, le nom du duo provenant d’un film d’horreur de série B aurait pu nous mettre sur la voie. Il émane de cet album un climat trouble et son écoute ressemble à une lente plongée, où en allant un peu plus profond, la vision s’obscurcit et se déforme., Comme dans un film de David Lynch où en regardant derrière le velours bleu, on découvre quelque chose de pas très catholique, voire de dangereux.
Les deux jeunes femmes avaient déjà coutume de mettre des guitares électriques un peu dissonantes dans leur monde d’harmonie (Before the light takes us). Mais le trouble ressenti, on le doit surtout à Anders Trentemoller, producteur du disque. L’électronicien a pris un malin plaisir à rendre moins lisse et plus moderne la pop 60’s de Darkness Falls. Ce sera donc souvent un habillage électronique rendant les contours moins nets. Dès lors, se rapprochant de Portishead ou devenant un Raveonettes électronique, le duo Danois trouve un son et un esprit qui lui convient parfaitement. Là ce sera un theremin à faire peur aux fantômes ; là , une rythmique de charmeur de serpent enroulant sa victime pour mieux le piquer (Night will be down). Le charme du duo devient vénéneux comme en témoigne Hey, parfaite BO pour série noire. Tout ceci fait que Darkness, Falls vaut mieux qu’Hooverphonic, dans un genre initialement similaire, qu’il est plus ambigu, qu’ Isobel Campbell auteure avec Amorino d’un bel album aux mêmes influences sixties. D’ailleurs, le duo est peut-être moins convaincant quand il reste formaté dans, des mélodies pop, banalement guillerettes gommées d’une quelconque aspérité, (The Void).
L’influence deTrentemoller change tout, toute en étant discrète : le Danois sait rester un homme de l’ombre. Quelques titres, portent d’avantage sa marque : Time line emporté par des programmations viscérales ou Josephine à l’électronica insidieuse. Un bon producteur, une bonne chanteuse, de bonnes chansons…what else !

denizor
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le 13 janv. 2017

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