Habitué aux expérimentations aussi diverses que variées, le groupe new-yorkais Yeasayer vient de franchir un nouveau pas vers la bizarrerie pop sur son nouveau disque Amen & Goodbye. Plus audacieux que jamais, le trio s’est aventuré dans un projet totalement schizophrène ou le soucis de la cohérence cède place au besoin de produire des sons aussi paradoxaux que collant à l’oreille de ses auditeurs.
Sorte de passerelle entre univers arty et accessibilité mainstream, cet album compilant 13 titres et courts intermèdes aussi folkloriques qu’électroniques repousse les barrières des genres, mais sans manquer de produire un effet à double tranchant, tellement on peut observer des réactions mitigées au sein des médias anglo-saxons plus ou moins branchés.
Pourtant, pour beaucoup d’oreilles qui forceront sur la touche replay, la réussite de l’entreprise va paraître sans doute évidente tant Amen & Goodbye monte en puissance au fil des écoutes. A l’image du premier extrait dévoilé I Am Chemistry, déroutant aux premiers abords (et bien servi dans ce sens par une vidéo surréaliste) puis petit à petit addictif grâce aux cordes graves de ses couplets ou le choeur d’enfants de son bridge. Effet quasi similaire deux pistes plus loin à l’écoute du nu-folk troubadourien Half Asleep où la sensation qui domine est que plusieurs chansons totalement différentes seraient venues s’imbriquer les unes sur les autres pour n’en faire qu’une. Entretemps, l’hymne pop Silly Me est une porte d’entrée idéale pour rendre cet album agréable à toutes les oreilles.
L’étonnante pochette de l’album, photographie d’une exposition de sculptures signées par le canadien David Altmejd est décrite ainsi par le quatuor : “Une rencontre entre Sgt Pepper, Hieronymous Bosch, Dali et Playhouse Pee-Wee.” Autrement dit, une juxtaposition de thématique qui correspond parfaitement au délire auditif proposé dans Amen & Goodbye. Difficile donc de décrire le public vers lequel Yeasayer cherche à s’ouvrir pour son retour mais à n’en pas douter, il y en a pour tous les goûts.
Via LittleLions.fr