Neil en même temps que son double album live de sa tournée nord-américaine 1991 avec Crazy Horse, le (très bon) « Weld », sort un 2e album expérimental et à réserver aux fans absolus du Loner (et encore…). Neil revenait sur le devant de la scène après des années 80 très compliquées et était même considéré comme « le parrain du grunge », ce qui était réducteur mais pas totalement faux. A la fin des années 70 déjà, il était un des rares de la génération sixties à être respecté par les punks. Il s’agit de 34 minutes de collage sonore de débuts et de fins de chansons (on reconnait « Like a hurricane » au début, des bribes de « Love and only love »), sur fond de larsen et de guitares saturées. On est donc loin d’une démarche commerciale, plus proche du rock bruitiste et indépendant de Sonic Youth qui faisait alors sa 1ère partie. Bon, on peut saluer la prise de risque et l’ouverture d’esprit, Neil n’étant pas le genre d’artiste à se reposer sur ses lauriers pour faire plaisir à sa maison de disques, il l’a payé dans les années 80 par un procès avec Geffen. Et en même temps se dire qu’au-delà de l’expérience, de la curiosité, à part de montrer tout ce que la jeune génération d’alors (Pearl Jam et compagnie) lui devait, ce genre d’album n’apporte pas grand-chose : ça n’est bien sûr pas le genre d’album qu’on va écouter tous les jours, ni même de temps en temps, à la différence de « Live Rust ». Bien sûr, certains crieront au génie, « ça fait du bruit donc c’est forcément génial », eh ben non. J’ai beau adorer Neil, cet « album » qui n'en est pas vraiment un, trouve pour moi très vite ses limites.