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Critique de Ascent par trevorReznik
Musique de guitar hero épris de musiques psychédéliques. Mais contrairement à bon nombre d'albums de gratteux pour gratteux, cet album là n'est pas chiant.
le 25 sept. 2012
Il y a dans Ascent de Six Organs of Admittance quelque chose d’une randonnée mystique au sommet d’une montagne en flammes. L’album ne se contente pas de grimper : il vacille, trébuche, s’élance, chute parfois, mais toujours dans une forme d’élan sincère, presque chamanique. Ben Chasny, tel un pèlerin moderne, convoque les esprits du folk, du rock psychédélique et du chaos cosmique pour écrire un disque qui ne cherche pas tant à séduire qu’à exister avec intensité.
Dès les premiers instants de Waswasa, le ton est donné : les guitares grondent comme un feu sacré qu’on ne pourrait ni contrôler ni éteindre. Chasny, entouré ici de ses anciens compagnons de Comets on Fire, rallume une étincelle électrique qu’on n’attendait pas forcément dans la discographie plus feutrée du projet. Mais cette fureur n’est pas gratuite. Elle fait écho à une tension intérieure, à une quête spirituelle en proie aux éclairs du réel.
À travers les braises surgissent pourtant des instants de calme suspendu – Your Ghost, Even If You Knew – comme des haltes au bord du monde. La voix de Chasny y flotte telle une prière discrète, presque évanescente, posée sur des nappes de guitare qui respirent le désert, la nuit, l’absence. Ces moments d’apaisement ne sont jamais totalement lumineux : ils sont habités d’un trouble, d’un doute, d’un souffle ancien.
Ascent avance à contre-courant des attentes, sans carte ni boussole. Et c’est peut-être là que réside son paradoxe : entre l’embrasement et l’introspection, l’album peine parfois à trouver un équilibre. Certains enchaînements semblent abrupts, comme si deux disques tentaient de cohabiter sans se rejoindre pleinement. Mais cette discontinuité fait aussi partie du charme de l’œuvre : elle reflète un esprit en mouvement, un cheminement non-linéaire.
Si je lui donne la note de 7.5/10, c’est parce que je reconnais dans Ascent une forme de beauté brute, imparfaite, mais vibrante. Il ne s’agit pas d’un chef-d’œuvre au sens classique du terme, mais d’un disque qui parle à l’âme plus qu’à l’intellect. Il s’adresse à celles et ceux qui aiment se perdre dans les marges, qui acceptent les détours, les silences, les cris, et cette étrange sensation d’avoir touché quelque chose d’essentiel… sans pouvoir le nommer.
Créée
le 14 avr. 2025
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