Aborder la discographie de Coltrane pour le ou la néophyte n’est pas forcément évident, des enregistrements comme sideman dans les années d’apprentissage à la fin de carrière (1966-67) beaucoup plus houleuse et proche du free jazz. Commencer par son chef d’œuvre A love supreme en 1965 n’est pas facile et peut désarçonner plus d’un auditeur/trice. Cet album enregistré en 1961 et 1962 me semble le bon moyen de débuter. C’est ce que j’ai fait pour ensuite m’aventurer plus profondément et rester totalement fasciné par A love supreme aujourd’hui encore. Ici, accompagné de son sublime quartette avec McCoy Tyner, Jimmy Garrison et Elvin Jones, Coltrane se concentre sur un répertoire de ballades, tout en douceur (lui qui était capable aussi de fulgurances colériques et très puissantes au saxo). You don’t know what love is, What’s new, Nancy (with the laughing face) ou encore All or nothing at all, on pourrait en fait citer tous les morceaux, tout cet album est un pur chef d’œuvre, magnifiquement enregistré par Rudy Van Gelder, la référence absolue comme ingénieur du son. Une fois que vous avez dégusté ce sublime et court album, vous pouvez ensuite poursuivre et vous lancer dans le monumental A love supreme.