And I said, oh, oh, oh, oh, oh, oh, what a feeling...
Je vous ai déjà raconté que j'aimais qu'on me chante une histoire, et j'aime au moins Lou Reed autant ; j'aime sa voix, j'aime son univers, j'ai même bien aimé le voir, même s'il est vieux et qu'il massacre un peu ces chefs d'oeuvre du passé, au fond de mon coeur, il restera toujours pour cet album : Berlin.
Après deux albums, Lou Reed et Transformer, compilatons produites par Bowie de tubes écrits pendant les deux ans de calme qui suivirent sa fin du Velvet Underground, ce cher Lou se lance dans l'écriture ce concept-album, son futur chef d'oeuvre : Berlin.
C'est une histoire d'amour de celles qui ratent, de celles qui ont déjà sombrées, je ne vous ai pas encore dit, si c'est album est aussi beau c'est avant tout parce qu'il ne l'est pas, l'histoire de Jim et Caroline s'est déjà perdue dans la dépression, la violence et la drogue. Il fallait une ville qui ressemble à cette histoire : Berlin.
L'album s'ouvre comme ça : un brouillard de voix compte, quelques notes de piano et puis cette voix, mélancolique et comme usée. C'est Jim qui commence à se souvenir, et qui va nous faire revivre leur descente aux enfers. L'album aborde à chaque chanson la destruction de leur vie intime. Parmis elles, des chansons des plus belles tous albums confondus : Caroline Says (II), version "finale" de Stephanie Says, aux airs tristes et froids, ou The Bed, conclusion désespérante et si délicate de l'histoire. On retiendra aussi pour le plaisir The Kids et ses pleurs d'enfants - ceux du producteur, enfermés dans le studio - mais chercher à disséquer l'unité de l'album n'a probablement aucune pertinence. Je n'ai pas le coeur au découpage d'ailleurs ce soir, je me laisse porter par le souffle final de l'harmonium.