BĒYĀH
4.7
BĒYĀH

Album de Damso (2025)

Face à la critique bête et plein de naïveté de Phebix qui est la plus populaire, je crois qu'il fallait remettre les pendules à l'heure.


Après avoir oscillé entre moultes genres musicaux à travers ses albums, Damso décide pour son grand final de jongler entre la trap et le hit édulcoré (je sais pas comment ça s'appelle mais c'est les sons en radio type Ninho ou Booba parfois vous avez compris). Un album qui se présente par la DA de la pochette et son marketing comme plein d'ambition avec quelque chose lié au ciel, au divin et la spiritualité.

Alors en effet il nous a pris à revers mais vraiment pas dans le bon sens. Aulieu d'aller bien plus loin dans l’expérimentation musicale par rapport à QALF infinity, ici on est dans la restriction, la pauvreté sonore. C'est-à-dire qu'en plus de la faible variété, dans l'éxecution il y a peu de tentatives, des sonorités tout bonnement banales, qui n'ont aucune épaisseur, cf. le piano pitoyable de la prod de Magic, ou la prod trap totalement interchangeable de l'intro, fin on parle de Damso quoi à la base, la trap c'est sensé être son domaine.

L'album fait tout sauf 3 ans de préparation enfaite. Rien ne sonne travaillé, recherché, ambitieux.


S'ajoute à ça une plume qui n'a jamais été aussi faible. Déjà que je trouvais qu'elle s'affaiblissait à vu d'oeil au fils des singles (La Rue, Pyramide, Démons), là on est vraiment dans l'autoparodie.

Une vulgarité gratuite, complètement débile, plus aucune intelligence dans l'écriture. On a le gars qui a écrit Débrouillard et on se retrouve avec le putain de refrain de JCVDEMS mais va te faire foutre.


Peut être qu'il y a des qualités, mais je n'ai juste pas envi de les reconnaitre face à l'immensité de la médiocrité qui se tient devant nous, surtout par rapport à ce qui a été teasé, par rapport à toute cette zumba de caravane de merde et de dernier album. Et on se retrouve avec ce truc. Si c'est ça ta nouvelle DA Damso bon ben tu pars sans trop de regrets de notre côté il me semble.





Maintenant imaginez un monde, ou Damso nous aurait effectivement tous pris à revers, mais cette fois dans le bons sens.

Dans cette album Damso serait retombé dans une noirceur de l'âme, il revient au source en revenant à une violence crue. Mais au lieu de l'incarner, il la conscientise et prend de la distance pour en parler, pour nous en parler.

Car rappelez vous, avec le temps la discographie de Damso est devenue de plus en plus lumineuse, plus saine, coté sonorités et texte. Du point de vue du public il semblait aller de mieux en mieux: il semblait s'être débarrassé de ses anciens démons, de la pauvreté, avoir trouvé une situation stable pour son fils (en exemple de cette nouvelle vie: Deux toiles de mer, 911), il semblait être devenu un homme mature.

Alors Damso dans l'intitulé BEYAH nous raconterait l'illusion qu'il s'est créé inconsciemment à lui-même qui a été sa perche pour sortir du monde pourri et sale dans lequel il était; d'où l'apparence parfois "fausse" de ses morceaux plus récents; en s'accaparant de ce qui semble être une vie saine selon ses croyances. Mais lorsque l'illusion pris fin, il pris la réalité en pleine gueule et se rendit compte qu'en réalité de lourds fardeaux traine encore dans son cœur, ils les portent encore comme un boulet dont qu'il pensait s'être débarrassé depuis des années, maintenant qu'il voit que ça n'a rien changé, il est juste démuni et semble simplement ne jamais pouvoir s'en débarrasser.

Alors qu'il vendait son album comme le dernier pour partir en road-trip pour se libérer des chaînes de l'industrie musicale, Damso nous livre son final avec un album de l'échec, de la honte même. Nous qui pensions, naïf que nous sommes, qu'il nous laisserait sur une conclusion qui arrondit bien les angles, qui ferme proprement sa carrière. Il partirait sur ce constat, refusant de nous donner une conclusion logique à sa carrière, et nous laissant sur un vide, une infinité dont on ne saurait quoi en faire.


Mais peut-être qu'on ne mérite pas une si belle fin.

Diponegoro
1
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le 4 juin 2025

Critique lue 285 fois

Diponegoro

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5

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