Déjà It's Only Rock 'n Roll laissait présager de ce qui allait suivre : des guitares étriquées, un son étouffé, des titres de plus en plus longs. Mais il y avait tout de même 4 morceaux pour sauver l'album du naufrage total, tandis que sur ce Black & Blue le seul passage intéressant est un titre dû à Billy Preston ("Melody"). Et, soyons justes, "Crazy Mama" n'est pas trop mal.
Mais pour le reste (6 titres), Jagger et Richards sont aux fraises (et dire qu'il leur a fallu deux ans pour commettre ça !). C'est ennuyeux, voire soupesque ("Fool to Cry" et "Memory Motel" évoquent en vrac des slows de l'été qui auraient pu être dans Diabolo menthe, La Boum, L'Hôtel de la plage, etc... On compatit d'un coup avec tous les punks du monde).
Si on veut écouter du bon funk à tendance jazzy et instrumentale, je recommande l'écoute des Meters (notamment les excellents Rejuvenation de 1974 - chef d'œuvre - et Fire on the Bayou de 1975) qui influencèrent d'ailleurs les Stones pour Black & Blue, dont finalement seule la pochette est du 100% pur Stones. Elle aurait été mieux appropriée à Goats Head Soup (en remplaçant Wood par Taylor, of course).