Scorpions ! Le groupe connu pour ses ballades langoureuses et puissantes, mais à la discographie touffue. Ils n’ont quand-même pas fait que des musiques pour midinettes, nan ? Suffit d’écouter pour vérifier.
Blackout est de leurs albums les plus connus, sorti en plein essor hard rock du groupe, après leur période plus prog et psychédélique sous la houlette de Uli John Roth. C’est un album qui m'a laissé mitigé, car il s’essoufle vite à cause de ses compositions redondantes et inégales qui apportent vite un sentiment de lassitude après plusieurs écoutes. Cependant, il y a quelques moments forts qui méritent d'être soulignés, notamment l’énorme China White qui se distingue par sa solidité pachydermique au service d’une puissance musicale qui rapelle justement l’époque Uli, entre onirisme et grandiloquence.
L’album se sépare en deux. On a les When the Smoke is Going Down, Can't Live Without You et You Give Me All I Need qui manquent cruellement de passion et d'inspiration, responsables de l’ennui inhérent à l’œuvre. Il y a bien quelques passages sympas, notamment au niveau de la section rythmique de Can’t Live, mais ça reste insuffisant.
Et il y a l’autre partie, composée des
Blackout, Arizona, Now et Dynamite, qui sont des morceaux qui déménagent et apportent une bouffée d'air frais, ravivant l'intérêt de l'auditeur. Le premier fonctionne grâce à ses guitares bien acérées et sa fin énorme, grâce à la prestation vocale d’un Klaus Meine revenu du diable vauvert.
Arizona, qui présente une approche plus pop par la construction de ses couplets, peut décontenancer, mais elle a tout de même son charme. Now est une petite bombe remplie de nerfs, courte et efficace. Enfin, Dynamite relève grandement le niveau avec son riff accrocheur et rapide, offrant ce que l'on recherche lorsque l'on écoute du hard rock.
No One Like You parvient, lui, à s'en sortir grâce à son refrain accrocheur, apportant une once de piment dans l'album, mais on frôle le mièvre.
Malgré ses faiblesses, Blackout possède des hymnes aiguisés qui caractérisent la musique piquante des Scorpions, mais la redondance poussive due aux morceaux peu inspirés nuisent à l’entrain de l’auditeur. Ils apprendront de leurs erreurs en composant son successeur !