L'attente était immense.
La commu rap a beau dire qu'elle n'en peut plus de Booba, il n'empêche qu'on voit bien le niveau d'excitation globale quand le Duc annonce un nouveau projet. Et là, l'attente était d'autant plus forte que B2O nous annonce un Blanco Nemesis, qui fait directement écho dans l'esprit de tout le monde à Nero Nemesis. Peut-être le dernier album de Booba qui a fait l'unanimité, ou presque, dans la commu rap et chez les fans de l'artiste.
Soyons clairs : c'est son album le plus décevant. Et je dis ça tout en ayant plutôt apprécié, et même défendu, des projets comme Trône et Ad Vitam Æternam. Je ne suis pas de ceux qui pensent que Booba est finito depuis Trône.
Là c'est tout de suite plus compliqué de prendre le parti de Booba. J'y ai pourtant cru, le début d'album est enthousiasmant. Nemesis, Kendall et V, c'est du solide, notamment Kendall qui va certainement tourner en boucle chez moi. Sur le titre, Booba pousse sur les dernières syllabes avec une voix métallique qui pourrait presque finir par grésiller mais qui se stoppe exactement au bon moment. Perso, j'adore.
Et puis après le feat avec Huntrill... ça part en cacahuète. La deuxième moitié de l'album, c'est du vu et revu, sans relief, sans prise de risque. Dès les premières notes de chaque instru, on sait quel flow Booba va nous servir. On sait que Booba peut être fort sur certaines zumbas mais là, on n'en peut plus. Je préfère me réécouter un de ses vieux feats avec Maes plutôt que ça. Un ou deux titres, j'aurais laissé passer. Mais là c'est l'abus total.
Et dans les thèmes, ça commence à tourner en rond. Je préférais limite ses délires complotistes sur quelques titres du dernier projet. Je veux pas tomber dans le piège de la critique de golmon du genre "t'as plus rien à raconter, papy". Je pense que si, il en est encore capable. Là c'est surtout qu'il a une formule qui a fait ses preuves en streaming et qu'il nous ressert par facilité.
Mais le plus gros fardeau de cet album, c'est son nom. Parce qu'on entend parler à droite à gauche de l'IA et des posts Insta de Booba, et franchement, on s'en fout. J'ai l'impression de revivre les mêmes débats de boomers que sur l'autotune il y a quelques années. Utilisez de l'IA, des artistes comme Krim2Gwer nous ont prouvé qu'on pouvait en faire quelque chose d'intéressant. Mais le vrai problème, c'est qu'il s'appelle Blanco Nemesis. Forcément, le public s'attend à une continuité de Nero Nemesis. Et là, on en est très loin. C'est déjà compliqué de comparer Blanco aux trois derniers projets de Booba, mais à côté Nero c'est catastrophique.
Booba a annoncé une deuxième partie. Je croise les doigts, j'ai envie d'y croire. Je suis peut-être un kiffeur de Booba qui refuse d'admettre que c'est finito mais je suis persuadé qu'il est encore capable de nous tarter. Pour rappel, la commu disait déjà que Booba était fini avant la sortie de Nero Nemesis. Je ne vous oublie pas, je me souviens très bien que ça criait à la fin de carrière avec Futur et DUC !
On se consolera en réécoutant Nero Nemesis.