Ah... Booba... L'artiste qui m'a fait aimer et suivre le rap, il m'a fait découvrir des artistes via les Autopsie, son média OKLM.
Néro Némésis est la pierre angulaire dans mon odyssée musical. Onze ans plus tard, il joue la carte de la nostalgie sur ce dernier. (Classique à mes yeux). Forcément ça élève nos attentes, ça questionne sur son niveau actuel, sur sa place dans le rap actuel. Lui qui déplore le déclin du genre qu'il a dominé pendant des années. Si derrière, il sortait un bon album, pourquoi pas...
Soyons réalistes, il est injuste d'attendre de lui, un classique, un album de la trempe de ce qu'il aurait pu faire une dizaine d'années auparavant. Le gros de sa carrière est derrière lui. La meilleure carrière rap français certes. Alors j'attendais un album de l'acabit du dernier. Rien de transcendant, avec quelques fulgurances, qui auraient pu tourner dans mon casque. Rien que ne puisse entacher sa "legacy" musicale...
Alors que dire... Entre l'utilisation de l'IA, ses chansons chantées qui m'insupportent. Il veut jouer sur le terrain de GIMS, pourtant même Damso fait largement mieux avec Beyah, c'est dire... Les mêmes mélo, toplines, entendues, réentendues depuis plus de cinq ans... Le pire réside dans le fait que ça compose 90% de l'album. Forcé de constater qu'il sert la soupe qu'il semble critiquer, qui semble enterrer le rap français, selon ses dires.
Et son rap alors... Fatigué. Il est rincé, c'est Mike Tyson en fin de carrière.
Seule fulgurance notable, le feat avec Huntrill. La différence entre les deux... Huntrill, sans être excellent, reste largement au dessus, son énergie, son flow sauve le morceau. Presque on aurait voulu le solo. Booba, sans être ridicule, recycle le même flow depuis Ultra, saupoudré de références datées et balourdes. Ça le caractérise. Il est devenu une caricature, sans réelle profondeur, comme le montre ses dernières apparitions, ses derniers tweets...
Le plus ridicule reste sa manière d'en faire la publicité, en clashant la terre entière, en continuant de croire qu'il est au dessus. Son amour de la compétition a été son carburant, c'est désormais sa prison dorée. Incapable de se remettre en question, incapable d'arrêter. C'est CR7 en Arabie Saoudite. Il faut s'arrêter, pour notre bien, surtout pour son bien.
Se concentrer sur la carrière de producteur, où sa vision peut être pertinente.
Considérons que cette album n'a jamais existé.