Bleu noir
7.2
Bleu noir

Album de Georgio (2015)

Après avoir multiplié les EP et mixtapes, Georgio, rappeur du 18e arrondissement, se jette enfin dans le grand bain en livrant son premier album solo Bleu Noir, entièrement financé par son public via la plateforme KissKiss Bankbank.


L’architecture de cet album introspectif, fort de 14 titres, est intéressante. En effet, au fil des morceaux, les thématiques abordées s’enchevêtrent mais tournent toujours autour de Georgio et ses proches.


Alors que les pistes telles que « Jeudi gris », « Dépression » ou encore « Bleu noir », évoquent le spleen du rappeur parisien, « Rose Noire », « La Celle Saint-Cloud » ou « Des mots durs sur des bouts de papier » s’attachent, elles, à retranscrire le rapport de ce dernier avec l’Amour.


Enfin, de manière assez classique dans un album de rap, la rue figure dans quelques sons, en particulier le très bon « Les Anges déchus, les gens déçus » qui relate, de manière assez touchante, la triste réalité du quartier.


Centrés sur sa vie, les thèmes traités dans les morceaux de Bleu Noir font de cet album, une oeuvre éminemment intimiste. En témoignent les titres portant le prénom de proches (« Malik »), ceux y faisant référence (« La Celle Saint-Cloud » ou « Des mots durs sur des bouts de papier ») ou encore écrits en hommage (« Rêveur »).


A côté de ces lignes directrices qui dépeignent un état d’esprit assez sombre, Georgio n’en oublie pas de glisser quelques notes d’espoir. L’envie d’aller de l’avant et d’affronter cette triste réalité est ainsi explicitée dans « Bercé par le vent » et « Faut tenir ».


Pour accompagner ses propos, Georgio a fait le choix de délaisser les sonorités trap qui font un carton en ce moment pour y préférer une musicalité suave construite autour de notes de piano, de violon ou de guitare. L’instrumentale, maîtrisée à merveille, sied extrêmement bien avec la mélancolie globale de l’album.


Ainsi, la mine juvénile mais la plume mature, Georgio accouche d’une partition pleine de justesse et emplie de sincérité. Dans une scène rap ligotée par la trap music et l’autotune, il propose une oeuvre personnelle, intelligente et authentique qui démontre, une nouvelle fois, que le rap n’est pas l’apanage des gangsters.

Strykost
8
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le 1 juin 2016

Critique lue 671 fois

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