P:Ano, bien malgré lui, est symptomatique du malaise actuel du marché de la musique. Voilà un bon album de pop, pas transcendant mais généreux et débridé, qui va se retrouver reléguer à ne faire parler de lui que sur quelques webzines spécialisés. De même, le groupe Canadien (au final sa meilleure chance de faire parler de lui, la conjoncture étant favorable aux groupes Canadiens) aurait pu, il y a quelques années pouvoir séduire une major ou un gros indé. Alors qu’aujourd’hui, il ne doit son salut qu’aux fringants activistes de Acuarela et Talitres. Bref, P :Ano a des allures de cause perdu alors que la paire de songwriter Nick Krgovitch et Larissa Loyva ont un talent suffisamment prolixe pour proposer 24 (courtes) chansons sur un seul album ! L’héritage est celui des Beach Boys (star à leur époque) ou des Papas Fritas (culte à la leur), le tout revu à une sauce lo-fi sympatoche et anti-prétentieuse (où le Ukulele remplace parfois la guitare et la boîte à rythme, la batterie). En d’autres temps, P :Ano aurait même pu décrocher un mini-tube à la Boomtown rats ou à la Jona Lewie (The snow et son côté Stop the Cavalery. Tout ceci est bien dommage mais Brigadoon (référence à une chanson de Lerner &Love, par ailleurs auteurs de My Fair Lady) a au moins le mérite d’exister et de bien exister.