Plus facile d'accès que l'album suivant Voodoo, Brown Sugar c'est le premier album du meilleur représentant du R'n'B, le très respecté D'Angelo, multi-instrumentiste précoce comme Prince, à qui on l'a souvent comparé pour ce mélange de soul, funk et de hip-hop qui faconne son propre style. Sur "Alright", "Music and Those Dreamin' Eyes of Mine" et "Shit, Damn, Motherfucker", on dirait (pour caricaturer) du Marvin Gaye ou du Prince qui chante sur des instrus techniques à la Sly & The Family Stone et des rythmes hip-hop.
Avec D'angelo on a l'assurance d'avoir un flow limpide, des rythmes travaillés et une richesse instrumentale des fois très surprenante comme sur "Jonz in my Bonz". Chaque morceau est une longue plage relaxante, avec un jeu constant entre la voix principale et les harmonies vocales. Il faut s'habituer un peu au chant à la voix aïgue mais sinon rien à jeter. Personnellement j'aime surtout les 4 derniers morceaux de l'album : la reprise du tube "Cruisin'" de Smokey Robinson, l'ambiance jazzy de "When We Get By", "Higher" et "Lady". A 21 ans seulement, D'Angelo sait tout faire et s'est crée son propre son. Succès amplement mérité.