Après un live passé inaperçu et une escapade du côté de la B.O de film (« Presque rien » de Sébastien Lifshiz), « California » marque le véritable retour de Perry Blake. Il ne faudrait pas se tromper sur le titre, l’ami irlandais n’a pas émigré sur la Cote Ouest ou n’est pas devenu le Randy Newman du vieux monde. Le choix du titre de ce troisième album témoigne plutôt d’un état d’esprit plus serein pour ce mélancolique notoire. Derrière le spleen pointe donc un début de lumière. L’ensoleillé « pretty love songs » aurait été inimaginable sur les opus précédents. Toujours marqué par John Barry, par Burt Bacharach (« How can the knower be known »), Perry risque de prendre la place laissée vacante par le Bryan Ferry de « Bête noire » dans ce registre « soul blanche classieuse » (« this life »). Mais Perry n’oublie pas ses démons intérieurs, ce qui nous permet de nous délecter égoïstement des réminiscences sombres du passé blakien («face in the crowd » ou le point d’orgue final « Venus in the canyon »). Encore plus qu’à l’accoutumé, les morceaux sont un régal d’arrangements raffinés : aux cordes habituelles dans l’univers de l’irlandais viennent s’ajouter de subtiles rythmiques de guitares, des touches électroniques impressionnistes, des choeurs féminins distillés avec une judicieuse parcimonie. Ajoutez à cela la toujours sensuelle voix de Perry, plus maîtrisée que jamais et vous obtenez l’album idéal pour une soirée câline.