Comme disait l'autre, le soleil brille pour tout le monde et The Shins, emmené par James Mercer, a décidé de nous en faire bénéficier. Il n'y a qu'à voir la pochette colorée de Chutes too narrow, inspirée des livres pour enfants. Après un premier album, succès d'estime aux Usa mais inconnu chez nous, The Shins enfonce le clou et refait un voyage dans le temps vers des années 60 qui ont vu naître notre musique pop. Ici, on pensera aux Beach boys, aux Kinks, même Roy Orbison (Turn a square et son petit côté Pretty woman) et tous ses autres groupes qui servent encore de matrices pour ceux d'aujourd'hui. On ne peut louer ici que les qualités de songwriting de Mercer pour qui, la mélodie, les intonations justes de la voix, les petites idées harmoniques qui font souvent la différence, les influences digérées de la musique traditionnelle américaine (Country, folk…) sont une seconde nature. Il écrit de bonnes chansons comme on respire….ou comme les Go-betweens ! Avec flegme (Young pilgrims) ou détermination (kissing the lipless), il nous conquiert par le bien le plus précieux, un talent qui coule de source et qui fait d'un titre de 3' une petite vignette préservée. Sur un format plus long, The shins introduit un violon qui transforme Saint-Simon en ballade pastorale. Plus que jamais (et après Fruit Bats, Postal service, Pleasure forever, Hot hot heat…), Sub Pop est un label incontournable.