Transcription de ma critique pour l'épisode 3 du podcast Saturation (d'où le style très oral) : https://www.youtube.com/watch?v=LMblf06-bwo
Cékicékon ?
Groupe américain ayant officié dans le métalcore chelou dès ses débuts : il nait des cendres de plusieurs groupes de metalcore de Caroline du Nord et s'inspire de The Dillinger Escape Plan, groupe assez barré qui vient mélanger énormément d'influences dans son métal extrême jusqu'à superposer brutalement plusieurs styles pour créer quelque chose (un truc qui revient souvent chez eux : superposer des mélodies typées jazz fusion avec une batterie de death metal/grindcore et un chant très punk hardcore/metalcore)
Bref, on comprend vite avec cette nouvelle influence que BTBAM va essayer d'aller plus loin que ce qu'on a l'habitude d'écouter en metalcore (genre Killswitch Engage ou All That Remains, pas de jugement, juste on est dans la même "case" mais on joue pas la même musique)
Du coup, BTBAM, c'est un groupe profondément technique, très complexe et chargé musicalement et ça se voit avec les groupes avec qui ils ont tourné : Dragonforce, Devin Townsend, Dillinger Escape Plan, Children of Bodom....
On sort assez vite de la zone du metalcore emo pour rejoindre autre chose : du prog, du power, du bordel... Bref, tout ce qu'on va chercher chez BTBAM !
Leurs premiers albums sont assez lourds et intenses avec énormément de passages terriblement extrêmes (on trouve du pig squeal, des énormes breakdowns, beaucoup de double pédale....). Ils commencent en tant que rouleau compresseur d'un nouveau style : du metal extrême qui touche à tous les extrêmes et qui se permet de faire des ponts tous mignons avec du chant clair pour appuyer encore plus les reprises de violence !
Ils vont experimenter, retourner les codes, ajouter de nouvelles influences, plus de synthés, moins de synthés, plus de soli, moins de mélodies, plus de mélodies... Bref, jouer avec un maximum de curseur possible pour renouveller son identité musicale et ce, dès le début
Ils vont enchainer les albums concepts, les longs épiques denses et les albums d'une intensité rare tout au long de leur carrière.
Mais je parle que de métal extrême alors que l'album dont on va parler aujourd'hui n'en contient que très peu, donc je vous propose d'y passer de suite plutôt que de parler du reste de leur disco pendant toute ma chronique !
Coma Ecliptic
L'album du jour, c'est le 7ème du groupe, il vient s'insérer à un stade de leur carrière où ils sont reconnus, fiers de leurs productions (les guitaristes décrivent le double album précédent (bon, c'est un EP + un album mais on se comprend) comme leur plus grande réussite) et les succès critiques et commerciaux sont présents aussi !
Bref, on est au sommet de leur carrière, donc ils vont faire comme tous les groupes intelligents qui sont au max : changer les fondations qui font que les fans et les labels les aiment !
Et c'est dans ce contexte que va naitre Coma Ecliptic : un album concept (comme souvent chez eux) sur un homme dans le coma qui suit un chemin introspectif à revivre différents moments de sa vie et de ses vies passées.
Chaque chanson va changer l'ambiance et les styles pour s'adapter au récit du bouzin mais en respectant un nouveau framework (j'avais prévenu) : on vient se caler dans une inspiration globale très axées Rock Prog des années 70s !
Et ça tombe bien, J'ADORE cette période musicale !
Mais ce qui vient avec le rock prog old school, c'est bien une prépondérance de chant clair assez cristallin, ce qui vient pas mal contraster avec les sorties précédentes. Ici, on inverse totalement les ratios : très peu de chant extrême surtout utilisé pour ponctuer les scènes les plus cauchemardesques de l'album mais sans jamais s'attarder trop longtemps !
On va ainsi pouvoir profiter de toute la palette vocale du chanteur claviériste Tommy Roger Jr qui est une sacrée brute avec plein de couleurs assez notable : un chant clair classique très efficace, des petits falsettos mignons, du chant très typé hard rock, du chant très nasal très country. Et c'est sans compter ses techniques extrêmes qui ne sont pas en reste ! Bref, l'homme chante ce dont l'ambiance a besoin pour se développer tout en axant une majeure partie de la composition de l'album sur les arrangements vocaux !
On va quand même retrouver toute la technicité que le groupe développe depuis le début de sa carrière avec des moments qui restent très impressionnants mais qui viennent vraiment se caler dans l'histoire et servent de moment charnières.
On retrouve moins de moments absurdes techniquement que dans le reste de leur disco malgré tout.
Par exemple :
- L'outro complètement zinzin tout en contrepoint et en sweeps de Famine Wolf
- Le pont hyper riche harmoniquement de The Ectopic Stroll avec plein de changements de rythmiques en plus
- L'ending très metalliquesque de Rapid Calm
Mais on va plus retrouver des moments très mélodiques et accessibles comme la chanson de fin Life in Velvet qui fait vraiment chanson radio très musesque comme balade !
On va avoir beaucoup de nappes de synthés, beaucoup de guitares harmonisées, beaucoup de riffs très "chantants"... Bref, on est sur un album qui, pour BTBAM, est le plus pop possible !
Pour preuve : 11 morceaux et l'album ne fait "que" 1h08, moins de 7 minutes par morceau, c'est presque du jamais vu pour le groupe ! On n'a même pas une petite chansond de plus de 10 minutes (bon, rapid calm fait 9m54, mais quand même !) !
Et je pense que la frustration est là : on est devant l'album le plus accessible de BTBAM !
Les structures sont plus "simples" que ce que les habitués connaissent du groupe, on mélange moins de styles, on est moins violent, moins rapide, moins beaucoup de choses en fait !
Et on le voit bien dans la suite de leur carrière : ils reprennent la route de la violence dès le double album qui suit !
Cet album tranche dans leur disco mais on y retrouve quand même énormément des gimmicks du groupe, juste plus timorés et ça n'empêche que ça en reste un sacré bon album qui s'inscrit dans une discographie assez folle !
Si vous connaissez pas le groupe et que vous n'aimez pas trop le métal extrême, je pense que c'est une porte d'entrée extraordinaire qui permettra peut-être d'aller écouter Colors, Automata ou Parallax voir même le dernier album en date : The Blue Nowhere !
C'est un groupe que j'affectionne beaucoup, n'hésitez pas à les voir en concert si vous aimez bien les groupes ambiances shoegaze : on intéragit pas trop avec le public mais ça envoie du steak tout du long !