Whitesnake avait connu un gros succès avec son album précédent «Ready An’ Willing » suivi d’un live incendiaire (« Live…In the heart of the city »). En 1981, la suite ne déçoit pas, au contraire. Le groupe stable pour peu de temps y a trouvé son rythme de croisière, le faisant passer de petites salles à (bientôt) des stades. Le travail sur le son est excellent, il sonne merveilleusement. Les musiciens envoient du lourd, à commencer par les deux piliers « purpleiens » qu’étaient Ian Paice et Jon Lord mais il ne faut pas oublier le travail affûté aux guitares de Bernie Marsden et Micky Moody ainsi que la basse de Neil Murray. Quant au chef de meute, le Sieur Coverdale himself, il domine le tout avec sa voix remplie de soul. De cet album, on retient le « tube » « Don’t break my heart again ». C’est une bonne chanson, aucun doute là-dessus mais il serait absurde de limiter l’album à ce seul titre car l’ensemble est une vraie bombe : « Wine, Women An’ Song » est un boogie rock endiablé qui ferait honneur sur un album des Rolling Stones, impossible de ne pas se mettre à taper des pieds en l’écoutant !
« Would I Lie To You » est dans le même esprit. La veine rock bluesy de Whitesnake, son ADN en quelque rock, se retrouvent sur des titres comme « Come An’ Get It » ou « Child of Babylon ». Quant à « Girl » il se rapproche lui d’un côté funky bien agréable qui aurait eu sa place sur « Stormbringer » ou « Come taste the band » de Depp Purple. La comparaison avec les Stones et le Purple d’avant la séparation n’est pas usurpée car on est à ce niveau-là, rien de moins. J’ai cherché un titre loupé ou franchement moins convaincant mais je n’en ai pas trouvé…Allez, disons juste que la ballade finale, « Till The Day I Die », sympathique au demeurant, n’était pas franchement obligatoire mais je chipote vraiment quand on est dans un album aussi costaud. Du rock hyper solide et qui dépote, sans chichi, certains grincheux parleront de « rock à papa » mais bon sang, que ça fait du bien pour vous décrasser les esgourdes. Cet album va conduire Whitesnake au triomphe de « 1987 ». Le venin de ce serpent-là vous paralyse rapidement attention ! Un grand du hard rock dont Coverdale vient d’annoncer la fin pour raisons de santé.