Sorti en 2007, cet album occupe une place particulière dans sa carrière. Son concept est simple mais ambitieux : ne faire appel qu'à des femmes de différents milieu et métiers (poétesse, auteure de livre, parolière ect) pour l'écriture des textes. Une idée originale qui donne naissance à un projet différent de ce que Céline avait proposé jusque-là. Et c'est peut-être aussi ce qui explique pourquoi il divise davantage.
Là où D'eux ou Sans attendre séduisent immédiatement par leur dimension émotionnelle et universelle, D'elles apparaît comme un album plus réfléchi, parfois plus distant. Les textes sont riches, variés, souvent très travaillés. Chaque autrice apporte sa sensibilité, sa vision du monde et sa manière d'aborder les thèmes féminins, amoureux ou intimes. Le résultat est un disque cohérent dans son concept mais moins évident d'accès que les grands succès populaires de la chanteuse. Pourtant, il contient de très belles chansons.
On s'est aimé à cause reste l'une des plus belles réussites de l'album. Cette ballade acoustique possède une élégance rare et met parfaitement en valeur une voix particulièrement belle et maîtrisée.
Les Paradis est probablement l'un des grands titres oubliés du projet. Avec sa mélodie immédiate et son écriture accessible, il avait largement le potentiel pour devenir un véritable succès populaire. À mes yeux, c'est même l'un des grands tubes manqués de la carrière française de Céline.
Femme comme chacune illustre parfaitement l'esprit de l'album, tandis que Si j'étais quelqu'un apporte une sensibilité et une profondeur qui méritent d'être redécouvertes.
Ce qui frappe surtout à l'écoute du disque, c'est la qualité de l'interprétation. En 2007, la voix de Céline est dans une forme remarquable. Elle ne cherche plus à impressionner en permanence comme à certaines périodes des années 90. Elle privilégie davantage la nuance, l'émotion au service des chansons.
La production participe également à la réussite de l'ensemble. Élégante, soignée et moderne sans être envahissante, elle accompagne parfaitement les textes et les mélodies. L'album possède une identité sonore raffinée qui lui permet de bien vieillir aujourd'hui même si ça reste très variété française.
L'un des problèmes du projet vient peut-être du choix du premier single.
Et s'il n'en restait qu'une est une belle chanson, mais assez froide, c'était pas forcément le meilleur point d'entrée pour découvrir l'album. Le morceau met davantage en avant la performance vocale. D'autres chansons, notamment Les Paradis, auraient probablement été un meilleur choix de lead single.
Le contexte n'a pas non plus aidé. À cette époque, Céline est toujours très occupée par sa résidence à Las Vegas, ce qui limite fortement la promotion. L'album n'a jamais bénéficié de l'exposition qu'il aurait méritée.
Là où D'elles repose avant tout sur un concept artistique, Sans attendre de 2012 touche directement à l'intime. On y trouve les évocations de sa mère, de son père disparu, de ses enfants, de ses peurs et de son histoire personnelle avec René Angélil. Le public s'est naturellement reconnu davantage dans cette approche plus autobiographique et émotionnelle.
L'album représente l'une des tentatives les plus ambitieuses de la carrière francophone de Céline Dion. Un projet qui privilégie les textes, les sensibilités féminines et une certaine élégance artistique plutôt que la recherche immédiate du tube.
J'aime aussi Diva, un titre hommage à Maria Callas, avec en fond de l'opéra, le titre le plus audacieux du disque.
Un disque qui gagne à être redécouvert.