Chaque note de basse est revendicatrice de quelque chose, Black Flag n'est pas un groupe qui traite de sujets légers puisque le groupe est en colère, contre toutes formes de répression, contre les abus, contre un système instrumentalisé et inégal, contre les violences policières et les policiers qu'ils qualifient très justement de porcs et, surtout, contre le monde entier.
Et c'est en comprenant cet aspect-là qu'on peut pleinement apprécier ces quinze titres dans lesquels Henry Rollins ne cesse de hurler de rage, un crachat de colère presque dégueulasse, tantôt impur, tantôt gracieux, qui interpelle l'auditeur à chaque milliseconde.
Et non, encore une fois je ne vais pas contredire Bourdieu, le hardcore punk ne va pas m'apparaître comme génial de manière aussi brute, par illumination, mais je dois dire que j'ai parfois été véritablement séduit par cette électricité fiévreuse qui se balade son après son, par les paroles encore très actuelles, certes, mais aussi par cette musicalité qui a conscience de ne ressembler à rien de populaire, mais qui s'assume, avec beaucoup de hargne.