Écouter Defend Yourself, c’est un peu comme rouvrir un vieux journal intime. On y retrouve des blessures à peine refermées, des confessions maladroites, des silences plus forts que certains refrains. Après quatorze ans d’absence, Sebadoh ne cherche pas à impressionner : il veut juste dire ce qu’il a sur le cœur. Et c’est peut-être pour ça que ça fonctionne.
Il y a des titres qui m’ont parlé tout de suite — Let It Out, State of Mine — comme si Lou Barlow chantait tout haut ce que je n’osais même pas penser tout bas. Le son est brut, presque fragile, mais cette fragilité touche droit. Ce n’est pas parfait, et parfois ça traîne un peu (Oxygen, Final Days), mais dans ses meilleurs moments, l’album devient un refuge.
C’est un disque qui ne crie pas, mais qui murmure à l’oreille de ceux qui ont déjà eu mal. Un album de repli, de réparation. De défense, oui — mais surtout de tendresse.
7/10, parce que même si tout ne tient pas debout, ce qui vacille ici le fait avec une sincérité rare. Et ça, ça mérite qu’on s’y attarde.