J'ai longtemps pataugé dans la colère envers autrui. Pas gratuitement par contre, les enfoirés de fils de merde méritaient amplement cette colère. Plus jeune, j'avais un père colérique aussi mais pour d'autres raisons que les miennes. La pomme n'était pas tombé loin de l'arbre, il faut croire. Curieusement, à l'inverse, je suis une personne assez douce et calme. Toutefois, mes scénarios mentaux s'avèrent beaucoup moins gentils et peuvent parfois ressembler à une boucherie digne des sept jours du talion. Avec l'âge, on se calme le système, on choisit mieux nos combats, on s'assagit afin de cultiver une certaine paix intérieure. Bullshit! Je serre encore les dents et suis encore dans le mindset de faire payer le prix fort à quiconque vient taper sur ma tranquillité. Le problème? Ça tire énormément de jus et on se sent terriblement seul dans sa tête à force de vouloir se faire justice ( l'illégalité aussi pose un problème).


Megadeth a toujours roulé dans l'amertume agressive autant contre Metallica, ses propres membres, la société, la religion, la guerre, la... Chanson plus facile d'approche, accrocheuse comparativement à son style antérieur plus cinglant et rapide. Ici, on nage plutôt dans le heavy métal, ce qui, a mon avis, correspond mieux à la voix particulière de Mustaine. L'air principal ressemble à une étrange course effrénée ou le sujet essaie de se débattre de ce qui l'accable et les paroles suggèrent que tout effort en ce sens sont vains. J'ai même tendance à interprété une certaine tristesse qui se sublime au métal plutôt hargneux. Ce n'est qu'à la toute fin que l'artillerie lourde sortira à travers les tambours et les voix. Mot d'ordre du refrain : peu importe, rien n'y fait, c'est insuffisant...


Malheureusement, je comprends trop bien l'essence du message ( a la base, un rêve où il voit sa mère et essayant de la rejoindre, ne peut pas s'avancer, ne peut rien frapper, sauter bref, limité dans les mouvements comme si il était dans l'eau). Cette impression est renforcée par le fait que limité, il ne reste plus qu'à courir même si le résultat au final, sera ce même ralentissement qu'on tente d'éviter. Malgré l'extravagance de la scène, on peut facilement ressentir une certaine perte de repères et interpréter l'intention de se dépètrer de ce vortex mental. Certaines chaînes apparaissent plus complexes à briser que d'autres...


Cette colère, décrite au départ, n'a pas été créé par les épreuves à travers le temps. Il s'agit plutôt d'une émotion innée puis conditionnée intérieurement le long de ma ligne de vie. Même dans les moments les plus symboliquement perçus comme heureux, il y aura une raison pour être en furie, vouloir quitter, trouver un non sens où encore subir une dépressurisation morale. Car malgré ce moment au bonheur supposé, il y a chez moi, depuis peu un épuisement de la compassion : Un état de fatigue empathique, où la capacité à ressentir de l'empathie ou à distinguer l'urgence morale s'estompe par pur épuisement.

Or, autant avant, il y a de cela quelques semaines, j'étais un empathe avéré, autant maintenant, l'empathie commence à prendre le chemin des WC. Parce qu'il faut dire les vraies choses. Tout le monde se fout éperdument de ta gueule jusqu'au jour où il aura besoin de toi. Encore ici, on se retrouve à faire des actions sans portée, sans réciprocité donc ça revient à essayer de frapper quelqu'un au fond de l'eau. On parle alors de résilience et d'un éventuel retour du balancier. Simple. On vous veut la gueule fermée et on trouve des chemins vers un certain espoir pour essayer de calmer la bête. Mais il n'y a pas de retour. Il n'y a pas de karma. La vie agit à son gré, souvent de façon aléatoire et si ça vous fait chier, on vous prescrira n'importe quelle merde pour arriver au même résultat. Tu la fermes...


Propos cinglants, certes, mais loin de l'autruche. Je sais très bien que mon parcours n'a pas été assez discipliné. Que le manque d'effort a pu nuire au présent. Pas un assez bon conjoint, père, ami, collègue, artiste... J'en paie le prix maintenant accompagné d'une amertume hargneuse. D'une colère qui ne semble pas vouloir s'estomper de si tôt. Je réalise à quel point les gens font chier et ne s'en rendent même pas compte tellement ils demeurent encrés dans leur stupidité. Mais le pire, ce n'est pas eux. C'est de comprendre qu'à travers le temps, j'ai été, et de loin, mon pire ennemi...

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il y a 4 jours

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