King Diamond, ici leader de Mercyful Fate, est l'un des plus grands artistes de l'histoire de la musique.
Non seulement c'est lui qui avec MF, a véritablement lancé le "corpse paint" typé Black Metal, ces maquillages inquiétants en noir et blanc... Mais c'est aussi lui qui a élaboré pour la première fois sur un album, un concept "diabolique" solide (Venom étant bien plus guignolesques à mon sens) avec une identité très forte. Identité qui a inspiré directement ou indirectement des milliers de groupes. Cet univers qui oscille entre magies noires, sacrifices, sorcières démoniaques et j'en passe, peut franchement faire rire au premier abord. Mais il est ici tellement fascinant, avec une patte artistique si maitrisée... Don't Break the Oath nous fait voyager dans les tréfonds de l'antre du Diable, de l'Enfer et de ses adeptes, le tout porté par un esprit rock n' roll de folie ; au point de se dire qu'il aurait pu faire une BO parfaite pour un film d'horreur culte et occulte des années 70's/80's.
King Diamond écrira d'ailleurs uniquement des concepts albums horrifiques par la suite.


(Pour imager un peu, voici un clip qui aura fait beaucoup de bruit au Danemark en bien comme en mal à l'époque, avec des extraits de films : https://www.youtube.com/watch?v=U-yYG00Nr8I )


Mais DBTO, c'est surtout un Heavy Metal ambitieux, non-linéaire, à la fois mélodieux et couillu, tutoyant la perfection. De la dévastatrice première chanson "A Dangerous Meeting", à l'hymne de fin "Come to the Sabbath" en passant par l'hypnotisante "The Oath" et sa piste clavier ténébreuse en intro... Ces compositions riches, labyrinthiques (chaque construction est géniale) atteignent un tel degré d'inspiration et de technique tout en conservant un style de Heavy Metal 80's authentique, que je ne peux m'empêcher de crier à la prouesse. Voire même à l'avant-gardisme vu l'ambiance et certaines gammes sombres utilisées.
Chaque chanson, chaque piste a bénéficié d'un talent d'orfèvre sans cesse renouvelé ; une ligne de basse active à faire pâlir Steve Harris, une batterie tantôt endiablée/tantôt "groovy", des riffs qui s'imbriquent diaboliquement bien, avec très souvent 2 voire 3 solos parfaitement intégrés sur la même compo (Oui ! Du prog sans faire de prog, Michael Denner et Hank Shermann sont des dingues), tout en ayant le sacro-saint talent de ne JAMAIS faiblir le rythme des morceaux ! Du génie à l'état pur.


Niveau production, peu de groupes en 1984 pouvaient se targuer de sonner comme ça, et j'oserais même dire que c'est toujours le cas aujourd'hui, en 2015. En effet, tous les instruments sonnent VIVANTS tout en étant mixés à la perfection. La voix si particulière de Kind Diamond résonne tantôt comme un véritable démon (grave), tantôt en tapant quasi dans le New Wave/Batcave (medium), et très souvent comme une âme en peine (aiguë) avec des chœurs frissonnants, mélodieux, magnifiques. Un chant clair diversifié, tellement hors normes qu'il divisera beaucoup d'amateurs. Mais cette manière de chanter suraigu (chant autrement appelé "Falsetto" dans le jargon Classique) est inimitable et colle à l'identité du disque et à l'entierté de la discographie du Danois, que ce soit chez King Diamond ou Mercyful Fate. Mais c'est bien sur DOTB qu'il établit pour ma part, ses plus grandes performances vocales d'outre-tombe.


Don't Break the Oath est un album tellement riche, atypique, qu'il est nécessaire d'y accorder assez d'attention et d'écoutes pour en capter toute l'essence. Un disque inlassable, qui s'apprécie véritablement sur la longueur ; preuve en est, j'y découvre encore des détails aujourd'hui lorsque je le relance.


Le meilleur album de Heavy Metal de l'histoire ? D'une certaine manière, oui, sans aucun doute.



  • En bonus : Denner et Shermann, les deux guitaristes, ont repris presque entièrement l'album pour fêter ses 30 ans (!) dans deux excellentes vidéos :


https://www.youtube.com/watch?v=pFF-yBbl8Tc


https://www.youtube.com/watch?v=9QA4kbcX3Go

Créée

le 27 févr. 2015

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Raoh

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