Au début des années 80, c’était assez simple : le heavy metal se partageait entre les deux rives de l’Atlantique, États-Unis et Grande Bretagne pour les plus grands groupes. Mais voilà que le metal scandinave va faire son apparition en Suède, Norvège et Danemark et c’est dans ce dernier pays que Mercyful Fate va marquer le monde des musiques extrêmes par un black metal dont les paroles sont empreintes de satanisme et rejet du christianisme. Un groupe dont c’était là le 2e album en 1984 mais qui ne résistera pas longtemps à la pression et aux tensions entre ses membres, avant une reformation presque dix ans plus tard. Au cœur de cette formation, un chanteur époustouflant, King Diamond, capable d’aller dans des aiguës surhumains, un falsetto dément qui ferait aller se recoiffer les Bee Gees. Le moindre de ses cris peut vous glacer le sang dans la seconde. C’est dire sa puissance vocale. Mais attention, le reste de Mercyful Fate n’est pas là pour éplucher des patates : les guitares en fusion du duo Hank Shermann et Michael Denner « habillent » parfaitement la voix du leader. N’oublions pas le travail rythmique de premier ordre de Timi G. Hansen à la basse et de Kim Ruzz à la batterie qui vous propulsent vers l’Enfer à la vitesse d’un TGV.
« A Dangerous Meeting » qui ouvre ce bal du Diable vous cloue sur place, quelle début ! Le cauchemar se prolonge avec « Nightmare » le bien nommé. La partie avec les rires et les "you are insane" chantés à la façon de comptines enfantines est carrément flippante, essayez d’y résister, tiens😉. « Night of the unborn » reste un des sommets de l’album comme « Gypsy ». Quant à « The Oath », il nous apporte la preuve de ce dont on se doutait un peu, c’est que Mercyful Fate a bien vendu son âme au Diable : «I swear to give my Mind, my Body and Soul unreservedly/ To the Furtherance of our Lord Satan’s Designs ». Bref, on est dans du très lourd, un univers sombre et complexe où les enfants de chœur ne sont pas les bienvenus ! Mais le groupe sait aussi faire évoluer son black metal en y ajoutant des touches de prog’, c’est évident ici. Lars Ulrich est devenu très pote avec le groupe et a toujours eu une immense admiration pour King Diamond et cet album-là en particulier. C’est par l’intermédiaire de Metallica que cette scène extrême venu du Grand Nord a déboulé aux États-Unis, Ulrich répétant à longueur d’interviews le nom de Mercyful Fate et de son chanteur. Sur leur album de reprises « Garage Inc. » en 1998, Metallica reprendra d’ailleurs un medley entier de leurs morceaux intitulé (sobre mais efficace) « Mercyful Fate ». Plus récemment, on peut se dire que des groupes comme Behemoth et Cradle of Filth en sont les héritiers directs, pour ne prendre que deux exemples qui me viennent en tête. Son influence est profonde. Vous avez compris le message: ne brisez jamais, ô grand jamais, le serment!!! 😊 Un très bon album, sans point faible.