Curieusement, je n'avais pas autant été séduit que j'aurais sans doute dû (...pour être "branché") par le premier album de Peter Walsh et ses Apartments, le fameux "The Evening Visits", sept ans plus tôt. En 1993, disons que la musique de "Drift", en gros la même, avec peut-être un soupçon d'agressivité en plus dans les guitares - ce qui fait quand même une différence, pour moi - m'a enfin parlé. Je comprends désormais tous ceux qui parlent de "chefs d'œuvre", même si je n'en suis pas encore là, quant à moi. Il est tout-à-fait indéniable qu'il y a dans ces chansons à la fois parfaites (Ces cordes ! Ces douces mélodies ! Cette voix d'ange déchu qu'a Peter Walsh ! ) quelque chose de fascinant et de terriblement triste à la fois. "Drift" est douloureux comme l'adieu d'un être aimé, et pourtant secrètement réconfortant : un oiseau qui chante sa solitude et son espoir dans la nuit noire, voilà l'image que j'ai de cet album. On l'écoute les yeux clos, les images viennent toutes seules. Essayez ! [Critique écrite en 1993 et retouchée en 2016]