Ashbury est un duo de Tucson en Arizona, composé de Randy et Rob Davies, qui voit le jour en 1980 avant de s’adjoindre les services de quelques musiciens pour publier Endless Skies en 1983, un petit bijou de hard rock teinté de southern rock. Basé sur les guitares et les mélodies vocales, Ashbury apparaît comme le parfait compromis entre Wishbone Ash et The Outlaws, avec une petite dose de folk rock assez étonnante, comme sur « Twilight » ou « Madman ». En effet, Ashbury aime brouiller les pistes, entraînant l’auditeur sur des chemins non balisés qui proposent de nouveaux panoramas à chaque étape. Il suffit pour cela d’écouter le magnifique « Mystery Man » qui débute comme une ode médiévale acoustique pour s’emballer en un folk rock épique saupoudré de soli issus du southern rock. On pense à Point Blank, et parfois à Dire Strait, avec un soupçon de country, ce qui donne un mélange étonnant, mais diablement enivrant.
L’album propose un bon équilibre entre des envolées de guitares : le southern hard rock « The Warning » et des lignes vocales soigneusement écrites : le rock acoustique « Madman », pour notre plus grand plaisir. L’auditeur se retrouve donc emporté par des riffs issus du southern rock, comme sur le superbe « Take Your Love Away » qu’enrichit le chant à plusieurs voix, pour ensuite être intelligemment mené sur des sentes plus nuancées avec l’excellent « Endless Skies », un hymne prog rock nourri au rock sudiste qui démarre de manière acoustique pour mieux laisser parler la poudre. Un grand moment qui prouve tout le talent d’un groupe qui a préféré conserver son âme plutôt que de la vendre à l’industrie musicale.
On touche aussi parfois au heavy metal, comme sur « Vengeance » qui annonce Manilla Road, avec ses gros riffs et ses paroles déclamées. Ashbury se montre alors redoutable en nous conviant à une étrange partie qui accélère le rythme pour laisser les guitares s’en donner à cœur joie. C’est exactement ce que fait le groupe sur l’instrumental « No Mourning » qui s’inscrit parmi les plus belles plages proposées à l’époque
En moins de quarante minutes, Ashbury nous propose un album culte, sorte de météore qui a traversé le ciel du rock en y laissant une magnifique traînée qui n’est pas près de s’éteindre.