Un mec qui décide de faire un album entier uniquement à base de samples, rejoués à la MPC. Pas de groupe, pas de chanteur, pas de studio rempli de musiciens. Juste des vinyles, une machine, et une idée. Sur le papier, ça ressemble presque à un exercice. En réalité, ça donne un disque qui ne ressemble à rien de ce qui existait à l’époque.
Le début m’intrigue. “Building Steam…” installe un truc assez cinématographique, presque hypnotique, avec ce bruit de vinyle en fond… mais dès que les drums arrivent, pour moi ça coince. Et ça va devenir un problème récurrent. Je trouve les drums trop lourds, mal équilibrés, avec des hi-hats qui agressent plus qu’ils n’accompagnent. Sur “The Number Song”, je sens clairement une volonté de proposer quelque chose de sale, brut, qui bouscule, et je respecte ça. Mais pour moi, ça finit par fatiguer. Même chose sur “Changeling”, où je trouve que l’ambiance trip-hop fonctionne beaucoup mieux, où je commence à voir le potentiel… avant que ces mêmes choix de batterie viennent casser le morceau. Par moments, je me dis que ça touche quelque chose de vraiment moderne — presque du Flying Lotus avant l’heure — mais pour moi ça ne tient jamais complètement.
Le disque avance comme ça, entre bonnes idées et exécution qui me laisse à distance. “Mutual Slump” est, pour moi, un des rares moments où tout s’aligne vraiment, avec une ambiance plus moderne qui fonctionne enfin. Mais à côté, je trouve qu’il y a trop de passages qui traînent en longueur ou tournent à vide. “What Does Your Soul Look Like Pt. 4” devient vite répétitif, “Stem / Long Stem” ne décolle jamais vraiment à mes oreilles, et certains choix me paraissent franchement discutables, comme “Organ Donor” où, pour moi, le mixage pose problème. Même les interludes (“Transmission…”, “Why Hip Hop Sucks in ’96”) me semblent mal placés et sans réel intérêt.
Au final, je pense que Endtroducing est une proposition à part. Une tentative de faire évoluer le hip-hop autrement, de sortir du cadre. Je comprends pourquoi le disque a marqué et je respecte l’intention. Mais pour moi, ça reste très inégal, souvent trop long, et plombé par des choix sonores qui ne fonctionnent pas. L’idée est forte, l’exécution beaucoup moins. Une tentative maladroite de faire bouger les lignes ; elles bougeront sans doute, mais moi je préfère aller écouter le hip hop qui “sucks” en 96.