Felt Mountain
7.4
Felt Mountain

Album de Goldfrapp (2000)

En dehors du temps et de l’espace dans un canevas

[...] Dès l’ouverture de Felt Mountain avec « Lovely Head », on sait à quelle sauce on va être manger. Du trip-hop de haute volée qui va bien au-delà de sa simple étiquette. Les sifflements très Ennio Morricone nous aiguillent à merveille : on rentre carrément dans quelque de plus cinématographique qu’il n’y paraît. Même si aucun support visuel n’est là pour témoigner de la chose (hormis les clips bien entendu mais en aucun cas un véritable film), il n’est par ailleurs pas très compliqué de se laisser emporté soi-même par son imagination qui ne demandera qu’à se nourrir de ses propres images. Malgré tout, même si les influences « morriconesques » restent assez vagues, on pourra reconnaître davantage l’ombre de compositeurs comme Burt Bacharach ou plus particulièrement John Barry.

De bandes originales de films, Goldfrapp a emprunté et maîtrisé avec justesse une des caractéristiques du style, à savoir une grande variété incluse dans une unité très homogène. Comprenez que n’importe quel morceau présent dans Felt Mountain est touché d’une sorte de sceau qui nous fera dire que tel ou tel morceau provient bien de cet album et non d’un autre. En parallèle, cela ne veut pas dire pour autant que les titres se ressemblent tous, bien au contraire. Trip-hop oblige, les influences de styles sont diverses, ce qui explique qu’au final, on défriche large en terme de sonorités et genres. Du jazzy (« Horse Tears ») aux rythmiques plus latino (« Human ») en passant par un trip sous chapiteau de cirque (« Ooumpa Radar ») voire des choses plus folkloriques (l’éponyme « Felt Mountain ») ou mystiques (« Utopia »). Entre toutes autres choses. Malgré tout, le principe d’unité est quand même bel et bien là malgré la richesse présente dans l’album. Une certaine atmosphère commune s’en dégage comme le fait que Felt Mountain ne décolle jamais vraiment : même dans le plus rythmé (« Human » encore), on reste dans des registres relativement calmes, carrément mélancoliques dans certains cas (« Deer Stop », « Paper Bag »). Sans compter que Goldfrapp est très loin de faire partie des vilains garnements barrés et expérimentaux. Le duo anglais met un point d’honneur à rester très distingué dans sa démarche. Jamais il ne tombe dans l’excès, jamais il ne s’évade d’une ligne de conduite très noble et lounge et, surtout, jamais il ne se perd. Tel un aristocrate, Goldfrapp reste raffiné et élégant en toute circonstance même quand cela semble plus compromis dans certains cas comme « Oompa Radar ». [...]

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Margoth
9
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le 8 août 2013

Critique lue 274 fois

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