Passer après l’énorme « Back in Black », l’album hommage à Bon Scott en même temps que la renaissance, relevait de la gageure. Après « For Those About to Rock » en 81 et la tournée, les frangins Young décident de se passer de Mutt Lange et de produire eux-mêmes leur album suivant. L’objectif est évident : revenir à un son plus brut, plus rugueux que celui des eighties, celui d’avant « Highway to Hell ». Le résultat pourtant est loin des espérances avec un sentiment gênant d’uniformité. Aucun morceau n’est honteux mais aucun ne surnage vraiment. Ils ne sont tout simplement pas assez forts pour marquer les mémoires : les riffs d’Angus sont efficaces mais ressemblent aux albums précédents, la voix de Brian Johnson reste similaire, les refrains sont inévitablement scandés en chœur…Bref, ça n’est pas qu’on s’ennuie mais ça ronronne, poliment, avec savoir-faire mais ça ronronne ! Eh oui, il n’y a rien de plus difficile que de durer en se renouvelant, apporter quelque chose de nouveau, rien qu’un petit élément, un riff puissant, une idée surprenante…Mais rien de tout ça ici. Bien sûr, quelques morceaux sont suffisamment efficaces pour qu’on tape du pied et qu’on headbangue : « Deep in the Hole », « Brain Shake », « Guns for Hire » font le job sans enthousiasmer pour autant. Aucun de ces titres n’est plus interprété sur scène depuis des lustres (tournée 85 ???). En fait, la 2e face du disque me semble plus réussie que la 1ère. Mais le maître-mot qui reste à la fin de ces 37 mn de musique, c’est banalité, comme si le groupe qui avaient signé tant de chefs d’œuvre dans les années 70 n’étaient plus que l’ombre de lui-même, commençant à se caricaturer après la gifle « Back in Black ». Oui, ça s’écoute mais de là à frapper les mémoires (même la pochette semble bâclée !)…AC/DC était là dans son « purgatoire » des années 80 dont ils allaient sortir avec « The Razor Edge ».