Dès le premier abord on est séduit par la pochette folle . À peu près tous les morceaux s'y retrouvent imagés dans une cohérence merveilleuse. On croirait découvrir un territoire nouveau. Et ce pays où Hammill nous convie pour la première fois en solo est d'une beauté vierge et enveloppante. Comme une île parfois paradisiaque,(vision) parfois glaciale (i once wrote some poems) mais une île qui appartiendrait à un milliardaire de notes de musique.
Cet album a tout pour être un album de légende, que ce soit par la qualité des musiciens invités ou par la diversité de ses chansons, de ses tons, de ses joies et désespoirs.
On ne s'y trompe pas Fool's mate est un album de jeunesse totalement maîtrisé, peut-être le plus beau premier album solo de toute l'histoire du rock -progressif. Je ne vois personne pouvant faire compétition sur ce terrain à l'exception sublime de Kevin Ayers et son Joy of a Toy. Même Fripp (invité de luxe sur cet album) n'arriva pas avec son Exposure à un tel niveau. Car personne n'écrit et ne chante comme Hammill et ici avec toute l'inspiration folle, doucement tourmentée (peut-on être doucement tourmenté?) de sa jeunesse il nous livre l'album qu'on ne fait qu'une seule fois. Un Zeppelin impérial, une chandelle brûlante, que nous écoutons comme un enfant dans la solitude et ce réveil sensoriel où le soleil brille dans une chanson d'été automnale, marquent à jamais notre imaginaire musical comme la pochette marque cet écrin au fer rouge.
Hammill est un viking sans aucun doute, un explorateur fou à la Fischer, et en quelques coups, avec sa vision et sa force ensorcelante, il nous écrit quelques poèmes musicaux et fait échec et mat à nos oreilles.
La partie est jouée comme un grand-maître!