En 1986, au moment de ce 4e album, Huey Lewis fait partie des énormes vedettes du rock américain avec participation à la B.O. de « Back to the future » grâce à « The power of love » incluse en bonus dans la version internationale de l’album (et clin d’œil très furtif dans le film !) mais aussi participation (à sa grande surprise) à « USA for Africa », le parterre de stars qui va enregistrer sous la direction de Quincy Jones, « We are the world » en 1985. Au milieu des eighties, Huey et son groupe caracolent dans les sommets. Ce « Fore ! » ne va pas déroger à la règle et reprend les affaires là où il les avait laissées : du rock’n’soul baigné de rhythm’n’blues et même doo-wop comme par exemple dans le superbe « Naturally » et ses harmonies vocales grandioses. Les gars connaissent leur job, Huey sait nous concocter des mélodies irrésistibles sur fond de guitares efficaces. Justement, ces « News », il faut en parler car ils passent souvent à la trappe derrière la vedette talentueuse, c’est dommage : deux guitaristes orfèvres en matière de songwriting, Johnny Colla, rythmique et saxophoniste de talent, ainsi que Chris Hayes, soliste génial ; une section rythmique de poids complète le dispositif à savoir Mario Cippolina à la basse, Bill Gibson à la batterie, sans oublier les claviers toujours judicieux de Sean Hopper.

Cet album se révèle donc d’une redoutable efficacité, bourré de tubes. Si on est honnête, il n’y a même pratiquement que ça ! À commencer par deux des plus gros succès de Huey Lewis. D’abord, « Hip to be square », qu’il est impossible d’écouter sans se mettre à se dandiner, morceau accrocheur et entraînant, facile à reprendre en chœur, un concentré de plaisir. Même Patrick Bateman le cadre sup de « American psycho » adore ce titre et massacre ses victimes tout en l’écoutant, comme il adore INXS et le Genesis de Phil Collins…La mise en parallèle entre meurtres en série monstrueux et pop rock crée un malaise important et volontaire dans le roman de Bret Easton Ellis. Autre énorme hit immédiat, « Stuck with you » mais « Jacob’s ladder », « I know what I like », « I’ll never walk alone » sont aussi dans cette série des morceaux qui donnent la pêche dans la seconde. Et avec « Whole lotta shakin », on replonge dans le passé fifties, « back in the golden years » (comme Marty McFly tiens !!!). Le résultat final est étincelant avec six singles qui en ont été extraits (oui, oui, rien que ça !). Allez, on tient là sans doute le meilleur album studio de Huey qui a réussi une production qui n’a pas vieilli et passe les décennies avec brio ; combien d’albums des années 80 peuvent en dire autant ?!

JOE-ROBERTS
8
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le 17 mai 2025

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