Free the Universe (2013) est un album qui ne manque ni d’ambition ni de groove. Major Lazer nous livre ici un cocktail musical explosif, aussi surprenant qu’inégal. Si j’ai mis 7/10, c’est parce que malgré ses fulgurances, l’album m’a parfois laissé sur ma faim.
Certains titres sont de vraies réussites. Watch Out For This (Bumaye) est une claque immédiate : la fusion entre dancehall et cuivres latinos fonctionne à merveille, c’est un hymne de festival. Jah No Partial, avec son sample de Johnny Osbourne, est un autre moment fort : puissant, rugueux, presque sauvage, il incarne parfaitement l’ADN de Major Lazer.
Même Get Free, plus posé, apporte un contraste bienvenu. La voix aérienne d’Amber Coffman y crée une parenthèse émotionnelle inattendue, touchante, qui prouve que le groupe sait aussi ralentir sans perdre en intensité.
Mais tout n’est pas aussi réussi. Jessica ou Bubble Butt, malgré leur volonté de décalage, m’ont semblé manquer de subtilité. L’effet est parfois plus fatigant que captivant, et on a l’impression que l’album veut trop en faire, au risque de perdre le fil.
Free the Universe est un disque mosaïque : chaque titre semble issu d’un univers différent. Cela donne une richesse indéniable, mais aussi un manque de cohérence globale. On passe d’un tube club à une ballade, puis à un délire électro-dancehall en quelques minutes. Intéressant, mais parfois déroutant.
C’est un album que j’ai apprécié par moments, mais que je ne peux pas totalement encenser. Il brille par ses pics d’inventivité mais souffre de ses creux. Major Lazer a voulu faire feu de tout bois — parfois, ça allume la piste de danse, parfois ça brûle les ailes.