Formidable, au sens premier du terme

En théorie, je ne devrais pas aimer Loch Vostok: trop bruyant, trop confus, le métal de ce groupe suédois est souvent plus régressif que progressif. Pourtant, j’aime bien From These Waters; je le qualifierais de « formidable ». au sens premier du terme: il contient une telle impression d’urgence, de tension, que c’en est impressionnant.


Loch Vostok joue fondamentalement sur les deux tableaux: du power-metal brutal et growlé, aux frontières du death, et un métal progressif construit, mélodique, avec voix claire. Le groupe, qui rappelle un peu ses compatriotes d’Evergrey, ne se gêne pas pour allégrement mélanger les genres; ce n’est pas l’huile et le feu, mais plus le magma et le kérosène.


Le format de From These Waters est somme toute classique: dix pistes entre trois et six minutes, rien qui ne laisse transparaître une inspiration vraiment progressive. Mais la tendance est là – oh, pas, immédiatement évidente: au premier abord, on aurait tendance à entendre dans Loch Vostok une forme de métal extrême.


Les apparences sont trompeuses. Ok, pas entièrement: y’en a aussi. Mais la démarche de Loch Vostok est néanmoins progressive, même si sa musique, au final, ne l’est pas tant que ça; le groupe évolue dans les marges, entre les définitions fixées. Des pistes comme « Lost in Transmutance » ou le très impressionnant « Sentiment » illustrent tout à fait l’ambiguïté.


Le plus gros défaut, comme souvent avec Loch Vostok, c’est une production qui a tendance à être brouillonne. Je me doute qu’au vu des compositions particulièrement déjantées que balance le groupe, ça ne doit pas être évident à gérer et que, quelque part, ça renforce le côté intense, mais c’est parfois pénalisant.


From These Waters est un album que je ne recommanderais qu’aux personnes qui se sentent à l’aise avec une musique entre deux styles: les métaleux qui aiment le brutal, mais qui n’ont pas peur de la complexité du prog et les prog-heads que le métal extrême ne rebute pas.


Le plus simple est sans doute d’écouter l’album sur Bandcamp. Si ça vous plaît, l'album ne coûte que €10.

SGallay
7
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le 27 août 2015

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