La dernière inspiration sera espagnole

Pour le dernier album du groupe, Alan Parsons et Eric Woolfson vont s'inspirer de l'architecte espagnol Antonio Gaudi et de sa Sagrada Familia de Barcelone, monument devenu célèbre partout dans le monde. Force est de constater que ce thème semble leur avoir redonné goût aux concept-albums explicites, après leurs derniers dont les sujets n'étaient pas spécialement limpides.

C'est avec "La sagrada familia" que s'ouvre l'album, formidable pièce musicale qui symbolise les retrouvailles du groupe avec un son plus progressif. L'arrangement est superbe, qu'il s'agisse des chœurs, de la guitare, des castagnettes ou du chant de John Miles, tout est orchestré au millimètre près dans ce morceau de plus de 8 minutes.
La chanson "Too late" est, elle, une très bonne chanson pop chantée par Lenny Zakatek et le solo de guitare de Ian Bairnson est idéal pour lui donner un peu plus de fraicheur. Elle n'est pas comparable avec "Closer to heaven", chanté par Eric Woolfson, plus envoutant, aérien, provoquant un beau moment d'émotion.
On retrouve en revanche le son plus "variété" des albums précédents avec "Standing on a higher ground", pas mal entrainant, qui s'est même fendu d'un clip vidéo à l'époque. "Money talks" est en revanche plus aseptisé, il manque un gros quelque chose à ce titre pour qu'il puisse s'imposer réellement, laissant une désagréable impression de pas fini.
On retrouve alors Eric Woolfson sur "Inside looking out", qui ressemble un peu dans l'intention à "Closer to heaven" et c'est tout aussi réussi, mais dans une moindre mesure. La voix de Woolfson joue beaucoup dans cette ballade.
Enfin, le disque se termine avec le superbe instrumental "Paseo de gracia" qui reprend une partie de la structure de "La sagrada familia", avec ce son de guitare acoustique. Dommage qu'il soit si court.

C'est après ce disque que le groupe va se séparer définitivement (sauf si on décide de compter l'album "Freudiana" comme l'un de leurs albums, ce qui mérite discussion). On retrouve un rehaussement de qualité dans cette dernière production que les précédentes avaient un peu perdues. Un bon album pour conclure l'existence du Project. Après cela, Alan Parsons et Eric Woolfson prendront des chemins différents et sortiront chacun de nouveaux albums avec plus ou moins de réussite. Mais nul doute qu'ils auront marqué de leur empreinte l'histoire de la musique progressive, symphonique et pop.
TheNetoFox
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le 2 oct. 2014

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