Non content d'avoir été le trublion en chef des Moldy Peaches, groupe révolutionnaire de la scène antifolk, Adam Green joue l'amuseur public dans sa carrière solo. Doté d'une plume brillante et d'un humour vachard, le jeune américain arrive au cap du troisième album. Green a des talents naturels que lui envierait la planète musicale. Mais dans sa persistance à prendre tout à la légère, il change sa désinvolture en je-m'en-foutisme. Gemstones est une collection de quinze chansons courtes, changeantes, insaisissables, qui ne laissent pas le temps de se faire apprécier. De peur de se dévoiler, Adam Green pratique une effervescence un peu forcée pour un résultat parfois enchanteur, parfois lassant. On en oublierait presque qu'il possède une magnifique voix de crooner, pour se fixer sur quelques morceaux qui feraient tâche dans un saloon du Midwest. un jour, il entrera au Panthéon, entre Scott Walker et Jonathan Richman. En attendant, le Géant Vert s'amuse avec ses petites pierres.