Given Up (Single)
7.9
Given Up (Single)

Single de Linkin Park (2008)

Comme le sujet s'avère délicat étant donné le suicide de Chester, le chanteur du groupe, je commence par une observation cocasse à partir de laquelle je ferai le lien. J'écoutais la boxe à la télévision puis, une pause publicitaire d'assurance apparaît. On voit une femme qui travaille les fils électriques de son ampoule au plafond. Elle écoute la voix en arrière plan et sourit ( visiblement intéressée). Une fois l'offre terminée, elle tourne son ampoule qui s'allume et la fixe du regard. Un peu trop longtemps. Dans ma tête, je me dis: " non mais quelle conne! Elle va carrément se brûler la rétine et je vois déjà la femme avec un point jaune demeurer un bon bout de temps dans sa vision". Puis, un autre jour, j'aperçois une pub de gouttes oculaires pour lubrifier les yeux. C'était la même femme. Réellement. Quelle suite dans les idées probablement non voulue mais tellement logique à mon " œil". Selon moi, personne n'a remarqué. Pour ce faire, il faut sans doutes être un overthinker. Lien...


J'analyse pratiquement tout. Je ne fais jamais une seule chose mentalement. Présentement, il y a un film en arrière plan que je suis vraiment. Pourtant, ma tête est occupée ici, avec l'air de la chanson qui doit rester présente pour étayer ma critique. Le problème avec le fait de trop penser tient surtout du fait que ça épuise. Rares sont les moments où je suis complètement absorbé étant donné le nombre de fenêtre ouverte simultanément comme à l'image d'un ordinateur. Pour pallier à ce problème, médicaments. Bien que ça ne soit pas une réussite totale, il y a un certain contrôle. Parfois, l'alcool du weekend arrive à donner une pause momentanément. Jamais plus que 2 heures environ. Une fois l'effet initial de la substance consommée apprivoisé, un lent retour à la normale se produit. Afin de prendre une pause de mes pensées incessantes, il me faudrait consommer en permanence, ce qui ne fait pas partie de mes intentions et valeurs. Donc, je continue d'avoir un cerveau hyperactif et je gère du mieux que je le peux. Cependant, le prix à payer demeure une grande fatigue, de l'irritabilité et un sentiment sporadique de vouloir parfois abandonner. Ne serait-ce que quelques jours...


Sans être totalement certain, des hommes comme Chester Bennington ou encore Kurt Cobain de Nirvana ont probablement mit fin a leurs jours pour un besoin de paix cérébrale. Chester avait 6 enfants. On ne va pas se foutre en l'air pour des raisons stupides. Trop penser signifie aussi trop voir, trop ressentir, trop comprendre ce qui nous entoure. Il n'est pas rare que le sentiment de vouloir abandonner se pointe la fraise pour prendre une pause. Juste le temps de faire le vide, se remettre des émotions, de faire le ménage dans tout ce fouillis mental qui consomme une quantité phénoménale de jus à la batterie. Comme il n'y a pas de prise USB à se brancher au cul afin de reprendre de la pêche, on se débrouille comme on peut la plupart du temps. Fait à noter, il est souvent question de personnes créatrices. Le simple fait d'écrire purge un peu la tête de son bordel telle une catharsis maison, sans médecin, sans psychologue. D'ailleurs, ceux-ci ne sont pas tellement friands de mes visites. Contrairement à d'autres patients, ça roule très vite, j'ai déjà analysé le traitement et je conteste souvent telle ou telle pilule. Je ne me conforme pas automatiquement grâce à ton titre professionnel. Je prends ce qui m'aide vraiment. Pas ce que tu crois être bon pour moi... Et pour ton bonus pharmacologique...


Given Up traite de ce sentiment. Tête pleine. L'impression d'avoir un problème ( même si souvent, c'est le monde au complet qui en a un...). Pas d'échappatoire non plus ( parfois oui, comme expliqué plus tôt mais nécessite substance, alcool, beaucoup de sommeil, ah ça oui...). Sartre évoquait une citation en ce sens. La liberté est de choisir sa propre prison. Malheureusement, cette prison mentale n'est pas un choix que l'on fait mais plutôt un trait soit génétique, soit biologique. Les barreaux sont nos pensées. La clé n'est nulle autre que le vide. Il faut entendre le long cris de Chester pour assimiler à quel point un individu overthinker cherche désespérément à libérer sa tête de toute cette merde. Souvent brillante et logique cette merde. Toutefois, ça reste de la chiasse. Le chanteur peut l'exprimer avec rage, le boxeur avec ses poings. L'individu lambda, lui, ne sait pas trop quoi faire avec le vortex. Alors, il cherche à se perdre dans les solutions à sa portée. Drogues, alcools, jeux, n'importe quoi pour que ça s'arrête. Parfois, il s'agit de la corde et du petit tabouret.


C'est la curiosité qui me sauve. Périodiquement, je pense à flancher. Abandonner la partie en plein milieu de la partie. Mais, à travers le tumulte de pensées, il y a ce désir de voir où ça va aboutir ce cirque. Et même si ça s'avère souvent difficile, je tiens absolument à affronter le boss final ( Dieu). J'aurai deux mots à lui dire. Lorsque tout sera terminé.


Lui demander pourquoi, avec quel machiavélisme malsain a t'il décidé de mettre la difficulté la plus élevée dans une partie déjà assez difficile. Car parfois, durant le jeu, on meurt. Dans la vraie vie, par contre, lorsque c'est game over, on ne revient pas.


Créée

le 6 oct. 2025

Critique lue 15 fois

Johnny B

Écrit par

Critique lue 15 fois

2

Du même critique

Blurryface

Blurryface

8

Jean-francoisBohémie

490 critiques

La raison...

Lorsque j'entends un single qui m'interpelle, j'essaie de retenir le nom du groupe. Au deuxième hit, je reconnais le groupe et peut le nommer. Cette fois, trois chansons ont su capter mon attention...

le 20 mai 2016

Emperor of Sand

Emperor of Sand

8

Jean-francoisBohémie

490 critiques

Trompeur...

Mastodon ! Nom de groupe imposant et annonçant quelque chose de lourd me semblait-il. Et pourtant ça n'a rien de particulièrement agressif comme je m'y attendais. Au contraire, on se trouve dans un...

le 2 avr. 2017

The Sacrament of Sin

The Sacrament of Sin

8

Jean-francoisBohémie

490 critiques

Le meilleur...

Powerwolf est différent. Il n'est pas un heavy symphonique comme les autre. Il réussit à entrer. Dans la psyché. S'y faire une place et s'intégrer dans le voyage. Il devient le copain accompagnateur...

le 4 août 2018