Il y a des albums qui vous marquent plus que d’autres. Même si vous savez pertinemment qu’ils y a des milliers d’oeuvres qui leurs sont supérieures, votre baladeur est chargé à bloc pour les écouter n’importe où, n’importe quand, quelque soit votre état physique ou mental.
J’ai GOLD MOTHER depuis la rentrée 1990 et je me souviens bien de la première écoute et des centaines qui ont suivi, pourtant placées dans une année très riche avec les LPs formidables de Depeche Mode, des Happy Mondays, Pet Shop Boys, Ride, Sonic Youth, The Charlatans ou encore Morrissey et son “Bona Drag” pour ne citer qu’eux.
C’est le single “Come Home” sorti l’année précédente et découvert au hasard d’une compilation britannique Indie qui me donne envie de me lancer. L’énergie, le coté (très) baggy et (un peu) noisy, puis surtout son irrésistible synthé et l’incroyable Tim Booth au chant laissent augurer d’agréables moments. Je découvre un univers et une voix qui me siéent à ravir. Je ne serai pas déçu par mon achat tant la galette regorge de titres riches en couleurs (“God Only Knows” & “You Can’t Tell How Much Suffering”) et d’ambiances sombres (“Top of the World & “Walking the Ghost”) tout en restant constamment linéaire et fidèle à son climat. L’ajout du violon, de la trompette et d’un clavier, parfois tous sacrément excités, s’ajoutent à une guitare/basse/batterie déjà habile et maîtrisée.
GOLD MOTHER c’est surtout l’album qui précède “Seven” et leur chef-d’oeuvre “Laid” et qui feront de James un de mes groupes fétiches de cette première moitié de décennie. Certes, ils auront rêvé le succès planétaire (production de Brian Eno, chansons et hymnes parfois faciles, etc… ) mais pour les avoir vus en live au bataclan en 1992, ce groupe aurait mérité de réussir au delà de cette frontière parfois difficile à franchir qu’est la Manche. Il ne fait en effet aucun doute que leur immense talent était un cran au dessus de ce qui se faisait à l’époque sur la scène Madchester et, malgré les changements de modes musicaux dont l’Angleterre était coutumière à l’époque, loin d’être éphémère.