Grant Green – Grantstand – (1962)
J’aime écouter Grant Green de temps à autres et même, pour tout dire, assez souvent. Quand je m’interroge pour déterminer l’album sur lequel écrire la petite bafouille, son nom arrive sans surprise, quand je recherche un artiste rassembleur, de ceux qui font une sorte d’unanimité. Avec Grant Green tous les albums peuvent convenir, car aucun n’est mauvais, enfin je n’ai pour l’instant pas encore réussi à dénicher le « mouton noir », s’il existe…
Une fois convenu que l’album « Idle Moment » est souvent celui que l’on préfère, et que le guitariste a connu ensuite une période que l’on a pu qualifier de « commerciale », on peut plonger dans sa discographie sans trop de risques, particulièrement si on s’immerge dans sa première période « Blue Note », comme ici, avec ce grâcieux « Grantstand », ses quatre titres, y compris une pépite…
Grant est à la gratte, mais sans doute faut-il également aimer l’orgue, car Jack McDuff officie avec son Hammond B-3. Il y a également un saxophoniste légendaire, puisqu’il s’agit de Yusef Lateef, mais pas de sonorités orientales sur cette galette où il assure évidemment avec le talent qu’on lui connaît. Enfin il y a le batteur Al Harewood qui ferme la liste des musiciens participants.
C’est le troisième de la discographie du guitariste, et le troisième Blue Note également. On comprend vite que s’il n’y a que quatre titres c’est qu’ils sont longs, particulièrement « Blues In Maud’s Flat » qui ouvre la face B et s’étale pendant un quart d’heure, de quoi régaler vraiment pour les amateurs d’impros qui voient le guitariste à son meilleur.
Mais j’ai parlé un peu plus haut d’une « pépite », c’est en fait la reprise de « My Funny Valentine », en deuxième place sur la face une, qui est une pure merveille et ne peut qu’évoquer Chet Baker, qui, lui aussi, dans un autre temps, a réussi à élever haut ce standard, en chef d’œuvre du jazz. On y remarque également Yusef Lateef à la flûte !
L’album s’achève avec le vieil « Old Folks » qui balance bien agréablement sous les doigts de Grant. Quant au titre d’ouverture c’est bien évidemment « Grantstand » qui donne son nom à l’opus et annonce la couleur « soul Jazz » de cet album dans un classicisme bop de bon aloi.