Il y a quelque chose d'assez vertigineux à écouter Greatest Hits aujourd'hui : presque chaque morceau semble appartenir à la mémoire collective. Entre Bohemian Rhapsody, Killer Queen, Somebody to Love, Don't Stop Me Now, Another One Bites the Dust, We Will Rock You ou We Are the Champions, cette compilation parvient à condenser en dix-sept titres une période où Queen pouvait passer du hard rock à la pop, du funk à l'opéra-rock sans jamais vraiment perdre son identité.
Ce qui me plaît particulièrement, c'est cette absence presque totale de retenue. Queen ose le grandiose, le théâtral, parfois même le franchement excessif, et c'est précisément ce qui rend cette musique aussi réjouissante. La voix de Freddie Mercury peut passer de la fragilité à la démesure en quelques secondes, tandis que la guitare immédiatement reconnaissable de Brian May donne une unité à des chansons pourtant très différentes. Avec mon goût pour le théâtre et les œuvres qui assument pleinement leur mise en scène, difficile de ne pas être sensible à cette façon de transformer chaque morceau en petit spectacle.
Mais le format Greatest Hits a aussi ses limites. En enchaînant uniquement les morceaux les plus immédiatement efficaces, on perd forcément une partie de ce qui faisait la richesse des albums originaux : leurs bizarreries, leurs respirations et leurs prises de risque. Et certains hymnes, entendus tellement souvent qu'ils sont devenus presque universels, ont perdu pour moi une partie de leur capacité de surprise. Cela reste néanmoins une succession assez incroyable de chansons, avec ce mélange de virtuosité, de mélodie et de plaisir immédiat que peu de groupes ont su maintenir à ce niveau.
Résumé
Une collection impressionnante de chansons devenues incontournables, où la démesure de Queen rencontre un formidable sens de la mélodie et du spectacle.
👑 Un disque où chaque chanson ou presque semble vouloir entrer sur scène sous les projecteurs — et où Queen réussit très souvent son entrée.