Avec le temps qui passe, on finit par ne plus se rendre compte de l’importance de certains artistes.
Dolly Parton était, je crois, la personnalité préférée des Américains, l’une des rares à faire l’unanimité dans un pays fracturé. Le premier disque de Dolly, sorti en 1967, est déjà un chef-d’œuvre. Il s’inscrit, au niveau sonore, totalement dans son époque, mais les qualités d’auteur-compositeur de Dolly Parton et de son oncle Bill Owens rendent les chansons totalement intemporelles.
Il faut savoir que Dolly a commencé sa carrière de la même manière que Dylan, c’est-à-dire en écrivant des chansons pour d’autres. Elle et Owens étaient payés 50 dollars par semaine pour composer des chansons pour les artistes du label Monument. Lorsque le label constate le succès de ses compositions, il s’intéresse de plus près à la voix de Parton ainsi qu’à son joli minois.
Problème : le directeur du label ne croyait pas au potentiel de Dolly comme chanteuse de country. Il l’imaginait davantage devenir une chanteuse de pop, ce qui ne l’intéressait pas du tout. Le label décida de tenter l’expérience, mais insista pour que le son et les couleurs de l’album ne s’éloignent pas trop des standards pop de l’époque.
Le miracle de ce disque, c’est que Dolly et son oncle écrivirent alors une dizaine de chansons qui se trouvent exactement à la frontière entre la pop et la country. Toutes sont merveilleuses, aussi bien au niveau des mélodies que des textes, qui alternent entre force et vulnérabilité, comme le fera Dolly durant toute sa carrière.
Hello, I’m Dolly est devenu un classique du genre et reste aujourd’hui encore un disque bluffant de savoir-faire et de sensibilité.