J’écoute de ci et de là l’émission Midi de Culture sur Radio France, qui, de temps en temps, parle de sorties d’albums. Ce n’est pas tous les jours que les médias « sérieux » s’intéressent à la musique pop. Bon, bien sûr, l’émission aborde presque toujours les albums par le versant le plus intellectualisé de la montagne, et j’avoue que la voix d’Olivier Lam, critique à Libération, me fait grincer des mâchoires, tant elle me semble être une caricature de la gauche bobo parisienne, qui voit dans chaque nouvelle chanteuse la porte-drapeau de la génération Z, témoignage vivant de ses « traumatismes » et de ses « angoisses existentielles ». Cependant, malgré tous ces défauts, j’ai parfois découvert, grâce à cette émission, des artistes que je considère comme très talentueux. J’ai déjà parlé ici de l’album de Théodora, qui est, à mes yeux, un des meilleurs disques produits en France cette année.
Cette semaine, ils ont parlé de l’album de Miki, nouvelle bombe pop pour les uns et pur produit de la grande machine du show business pour d’autres. Lam s’extasie devant le talent de la demoiselle, comme l’ont fait de nombreux critiques dans des journaux d’autorité en France. J’écoute donc et j’entends un resucé d’Angèle, même voix un peu traînante et, oh surprise, même producteur. La production est totalement fadasse et, par humanité, je ne m’attarderai pas sur la qualité de son flow lorsqu’elle tente de rapper.
Le problème est beaucoup moins cette artiste, qui est un produit pouvant plaire à un certain public — ce que je respecte — que la médiocrité des critiques musicales, qui semblent être dans une totale connivence avec l’industrie musicale. Parfois, ça tombe miraculeusement juste, comme c’était le cas avec l’album BAD BOY LOVESTORY, et dans ce cas, il faut le reconnaître. Mais comment une personne qui a soi-disant une culture musicale peut-elle s’extasier devant le disque de Miki ? J’avoue que les oreilles m’en tombent.