C'est tout l'art du Tallest man que de nous surprendre encore, de nous déranger un peu dans notre confort d'écoute que l'on aime tant, mais de nous habituer petit à petit à ces nouveaux arrangements, et de finir par nous faire écouter l'album deux cents fois, comme les autres. On l'aime encore plus, notre Tallest man, quand il évolue, qu'il teste, qu'il nous invite à renouveler notre oreille de fanboy aguerri. Surtout que derrière ses petits jeux d'artiste, il y a toujours le même génie mélodique, la même fougue romantique, tempérée dans les productions de ces dernières années par une sorte d'accalmie vocale et une ouverture instrumentale. Parce que oui, parfois, on aimerait ne jamais toucher au style de Matsson, pour qu'il ne fasse que recréer encore la magie par laquelle il s'est imposé dans notre paysage musical. Mais allez, lui il a le droit, parce qu'il sait faire aussi bien, mais différemment, voire encore mieux.