Nous avions laissé Róisín Murphy sur le dancefloor de sa "Machine", disque succulent, absolument imparable, venu rappeler le statut d’icône house de sa créatrice. Trois ans plus tard, la revoici pour tenter d'offrir un successeur à la hauteur. Pas une mince affaire en soi mais visiblement pas de quoi non plus effrayer l'irlandaise qui, pour pimenter le challenge, a décidé d'élargir sa palette et de visiter tous les recoins de la pop, au sens noble du terme.
Hit Parade, conçu à distance en compagnie de l'orfèvre allemand DJ Koze, est un condensé de tout ce qui peut se faire de mieux dans le domaine, parcourant évidemment le passif électro de madame (l'enchainement des fleuves You Knew/Can't Replicate, du petit lait) auquel il faut ajouter une dose arty, à la limite de l'expérimental, de la trap, de l'indie. D'une richesse et finesse musicale rarement atteinte ces dernières années, le disque fascine également par la dichotomie à laquelle renvoie l'interprétation. Là où les productions ont l'air si sérieuses, si soignées, les envolées vocales détachées, à la limite de la nonchalance de R.M. viennent totalement contrebalancer les sensations et offrent un côté hyper cool au tout, facilitant les mélodies et du même coup, l'écoute. C'est fluide, ça paraît facile et c'est super efficace.
Reste ce goût amer en bouche d'une promo foutue en l'air à la suite de propos tenus sur les réseaux.. Mais si on ne reste que sur le prisme de la musique, on est sur l'un des objets les plus forts de 2013. Le plus fort ?