Une sacrée déception. AOGHAU se répétait déjà pas mal par rapport à Lost Forever//Lost Together, tout en ayant malgré tout son lot de petites tueries. Holy Hell poursuit dans la même direction, mais en accentuant encore un peu plus la dose de passages mettant en avant le chant et les samples. Et c'est majoritairement plus lent.
Le problème c'est que l'ensemble déçoit. En dehors des deux premiers extraits (dont l'excellent Doomsday, leaké l'an dernier bien avant l'annonce de l'album), du morceau titre et à la limite on peut sauver Royal Beggars et ses claviers/samples atmopshériques qui n'est pas sans rappeler les titres les plus posés de Linkin Park ou toute leur période Minutes to Midnight), tout ça ça manque sévèrement d'efficacité. Les hurlements chargés de conviction de Sam Carter ne parviennent pas à compenser le terrible manque d'inspiration que l'on sent tout le long.
Il y a bien The Seventh Circle qui aurait pu occuper le poste de titre-boucherie et aurait relevé le niveau mais il est tellement court par rapport aux autres morceaux étirés mais pourtant sans intérêt.
Au final, je retiens juste le trio Doomsday/Hereafter/Holy Hell (Royal Beggars en bonus). Le morceau éponyme est particulièrement percutant pour son "Holy heeeeeeell, I've got nothing left to lose" hurlé à pleins poumons, rappelant que Carter et sa voix écorchée qu'il module toujours aussi bien sont la plus grande force des britanniques. Il n'a d'ailleurs jamais aussi bien maîtrisé sa voix que sur cet album, passant par tous les registres qu'on lui connaît les doigts dans le nez. Grosse déception aussi vu la sous-exploitation de Josh Middleton (Sylosis) qui semble totalement dans l'ombre de feu son prédécesseur, et arrive à l'imiter en faisant moins bien que lui.
Après on pourra aussi se dire que le groupe rend hommage à son regretté ancien guitariste et principal compositeur en reproduisant la plupart de ses tics d'écriture. Dommage que ça ne donne rien de très intéressant dans l'ensemble.
J'attends avec plus d'excitation leur live au Alexandra Palace (s'il sort un jour mais vu les petits bouts qui ont filtré depuis un moment, je ne vois pas pourquoi ils s'en priveraient, même s'il n'y a eu aucune annonce à ce jour)
Les nostalgiques de l'ère mathcore ultra technique de leurs 3 premiers albums peuvent eux aussi passer leur chemin, c'est certainement pas Holy Hell qui va les réconcilier avec Architects.
Peut mieux faire, j'attends le prochain, quand ils auront peut-être mieux dégéré la perte de Tom Searle et oseront encore une fois se renouveler.