Je n'ai eu que "Magnifique." à la bouche, en écoutant cet album. Et, en en parlant, je n'ai su dire que ce mot, et aussi un autre : captivant.
Contextualisons : il fait nuit, j'ai faim de nouvelles musiques. L'été, c'est une retraite littéraire, cinématographique, musicale. Le retour au bercail (familial) impose un autre train de vie. Un lit qui devient une maison, un frigo, un ordi et une baignoire comme meilleurs amis, et la joie de ne rien prévoir et d'avoir des poignées de temps à perdre. C'est le moment de découvrir sereinement, de butiner, de se rassasier d'un savoir qui nous a mis en appétit toute l'année. C'est le soir, donc. Je découvre "Les Nocturnes" de Chopin - inhabituel pour une nana dopée à Tale Of Us depuis un an - et je parle avec quelqu'un qui a une place toute attitrée dans mes souvenirs, quelqu'un qui est loin, qui me manque quand j'ai la peau et le cerveau trop chauds. Il me dit "Tiens. Ecoute ça, en t'endormant." en me donnant un lien. Le lien de l'album complet de The Antlers : "Hospice".
Je pose la musique à côté de mon oreille. Et elle les avale toutes entières.
The Antlers, c'est le p'tit rock indé que j'aime à doses irrégulières, mais suffisamment pour m'en faire tatouer quelques paroles (celles du refrain de "Spanish Sahara" de The Foals). Et "Hospice", ça me rappelle God Is An Astronaut couplé à Explosions In The Sky et The Foals (mes maigres références en ce domaine), avec une pointe de la délicatesse vocale d'Antony And The Johnsons, et des intonations à la Clock Opera.
C'est l'été, je m'éloigne (en partie seulement) de ma tech-house adorée et ma techno chérie, pour The Antlers. "Hospice" est époustouflant, et contient des perles sensitives douces comme de l'écume glacée, comme "Atrophy" ou "Kettering" ma préférée, ainsi que des sons (comme "Thirteen") où le soleil apparaît, chauffe la nuque, avant de se noyer dans un ciel crépusculaire, rappelant (vaguement) un Tycho qui immortalise les ambiances qui tiédissent ou refroidissent, celles de l'aube et du crépuscule, et leurs aquarelles dans le ciel. Et puis le rock ("Two") qui fait rêver des courses dans de grands espaces silencieux.
Et ce sentiment ambiant qui n'a pas de mot, cette facture, cette patte des artistes, est délectable. Je veux me saouler sur cette musique, et sentir mon corps apprivoiser ce sentiment et l'englober complètement.
Aaaah, "Hospice" est une merveille. Une vraie réussite. Une pure beauté. Merci.