Hyperphantasia
6.8
Hyperphantasia

Album de Lone (2026)

J'attendais avec appréhension le dernier album de Lone, autant à cause de la qualité de Always inside your head et remix qu'à cause de la DA de moins en moins engageante vers laquelle il orientait ses dernières sorties depuis Waterfall Reverse.


Cet artiste manipule une matière extrêmement instable ; la nostalgie. La preuve en est : Les Greenhills Road Archives extrêmement inégales mais qui décortique consciencieusement les mécanismes de composition, osant publier des WIP un peu dégueux bourrés de presets Fruity Loops.


Une chose qu'on apprécie avec Lone, et il faut lui reconnaître, c'est sa richesse. Même si les sorties chez R&S sont un peu raides, il a su offrir de belles tranches de gras avec ses albums, qui affichent une moyenne de 12 titres à chaque fois, là où l'industrie de la techno se concentre plutôt aujourd'hui sur les EPs, les singles, ou les various indigestes.


16 titres pour Hyperphantasia, qui renoue avec les micro-inserts de bidules bizarres, comme (mind apple intro), et dont l'inspiration va chercher du côté ... de Lone, tant on peut auto-référencer presque chaque morceau à l'aube de sa carrière de presque 20 ans. Quoique le passage de Djrum ait bien pu orienter certaines prods vers ce Amen Break infusé dans les vocals sensuels à la Scarlett Johansson et les rituels "Voodoo" ...


Plus sérieusement, sa bass-music pitchée saupoudrée d'infras ronflantes (ouah ouah ouah) ne réinvente pas le genre, mais y apporte un petit plus :

Affinity est un sunday service dans un monde alternatif.

Scattergun donne envie de se promener sur un plage de Miami en slip léopard.

Ascension.png (titre coupé de AIYH à mon sens) fait l'effet d'un coucher de soleil sur une free party.

Miracle Mile nous fait rouler dans une Cadillac derrière un ciel de TV cathodique.


A cela, s'ajoute une ombre au tableau. Accélérationnisme oblige, la musique de Lone, et la techno de manière générale, a tendance à se charger de fioritures rococo de plus en plus lourdes.

Life Spark ne tient pas en place, comme si elle avait envie de pisser.

We Move ne tombe pas toujours juste.

Triton ressemble à une course poursuite migraineuse (UuUuUu !)


N'empêche, je l'écoute en boucle depuis sa sortie ...


SoleilRadieux
8
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le 15 avr. 2026

Critique lue 5 fois

Soleil Radieux

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