Paru en 1987, Hysteria pousse à l’extrême la formule du pop-metal que Def Leppard avait déjà imposée avec Pyromania. Sous la direction obsessionnelle du producteur Mutt Lange, chaque morceau devient un édifice sonore méticuleusement empilé : guitares superposées, chœurs massifs, rythmiques millimétrées — un perfectionnisme qui donne au disque son éclat presque irréel.
Certains y verront une mécanique trop lisse, accentuée par la batterie en partie électronique de Rick Allen. Mais derrière cette surface brillante se cache une science redoutable du refrain. L’album enchaîne les hymnes imparables — “Pour Some Sugar on Me”, “Rocket”, “Love Bites” — au point de générer sept singles à succès, exploit rarissime.
Les textes de Joe Elliott, nourris de glam rock à la T. Rex, privilégient le jeu et la flamboyance plutôt que le pathos. Hysteria n’est pas du heavy metal pur : c’est du pop-metal porté à sa perfection, un monument de production qui a redéfini les ambitions commerciales et sonores du hard rock des années 80.
Titres à écouter en priorité : Rocket, Love Bites, Pour Some Sugar on Me et Hysteria.