C'est un feu !
Ce sont les mouches qui se collent sur les gouttes de sueur qui coulent le long des tempes. Une chaleur torride.
Une moiteur de Bayou. Une transpiration collante, agglutinant tes pauvres fringues sur ta carcasse comme une mue de serpent.
C'est la sensation de brûler. De brûler de l'intérieur.
Comme ce mauvais whisky déchirant ta gorge de petites gorgées en petites gorgées.
Comme une allumette dans un bidon d'essence, enflammant tes boyaux avec la violence d'un incendie.
Une chaleur qui soigne, qui sauve aussi.
Ces flammes jaunes jaillissant de bidons en ferraille et réchauffant les mains de ces hommes de coin de rues.
Un feu intérieur qui réchauffe une âme blessée, qui rallume une âme éteinte.
Une flamme intérieure qui fait crépiter les yeux comme un feu de cheminée et qui donne envie de rentrer dans une âme comme on entre chez un ami.
C'est la chaleur d'une voix qui remonte du fond d'une souffrance, d'une injustice idiote.
La brûlure de quelques notes pleurées sur un bout de bois. Le souffle chaud d'un réconfort musical.
La dignité du désespoir et la fierté d'un peuple.
C'est la flamme qui traverse le temps, qui ne s'éteint jamais. Une réponse forte à la bêtise crasse.
C'est le feu qui jaillit d'une guitare comme un coup de fusil dans la nuit.
Le son bouillonnant d'une révolte et le réveil brutal de l'homme qui se libère. Où les chaines et le pilori explosent et se transforment.
Ce métal et ce bois, ces odieux souvenirs de l'humiliation, associés pour devenir l'instrument de la liberté : La guitare.
C'est le Blues qui coule de cette guitare comme le sang d'une blessure.
C'est l'histoire d'un peuple qui se fait entendre sur 3 accords de guitare.
C'est le feu qui brûle la chair, c'est celui qui réchauffe les coeurs et celui qui libère les hommes.
https://www.youtube.com/watch?v=fQ4NFsw4bOU