ii3
7.9
ii3

Album de Ina-Ich (2016)

Et de bonne parole, Ina-Ich n'en manque pas. Car si opportuniste peut-on le considérer musicalement dans ses hits en puissance, les textes de Kim-Thuy ont le pouvoir d'estomper très largement le côté le plus péjoratif du constat initial. Contestataires, la fureur punk semble avoir bercé la Franco-Vietnamienne dans sa plume tant celle-ci se révèle sans concession. Le tout sans vulgarité aucune, parfois finement romancé et/ou imagé, il n'en demeure pas moins que chaque thématique choisie est défrichée en mettant le doigt où cela fait mal avec une prise de position véritablement furieuse, presque écorchée, comme s'il s'agissait de la dernière tribune qui pouvait s'offrir à la vocaliste. Et dans le fond, sur des points tels que l'industrie musicale (« Fais Nous Un Tube »), l'obsession monétaire (« L'Argent »), les diktats des modes (« Rien A Foutre ») et de l'apparence (« Comme Un Garçon ») comme tous les autres, il faut reconnaître que les avis exprimés sont loin d'être à côté de la plaque, même si c'est à chacun d'en juger.


La seconde moitié de ii3 nous ramène davantage au Ina-Ich originel. Plus de délicatesse, plus d'émotion, la mise en avant du piano renforce un côté écorché vif vraiment poignant (« Maman », « Tes Silences », « Je T'Emmène »), même si la saturation à mi-chemin entre organique et artificiel ne se cache jamais trop loin. Seule zone d'ombre au tableau : un titre de clôture franchement dispensable. Si « Au Bout De Ses Doigts » fait écho à « Ton Incandescent Corps » de l'album précédent en terme d'escapade plus friponne, il faut reconnaître que la monture 2016 loupe le coche face à celle de 2011 qui était vraiment une réussite en la matière.


D'un autre côté, un faux pas sur une douzaine de titres proposés, ce n'est pas la mer à boire. Car Ina-Ich arrive encore à nous livrer une offrande solide qui, à défaut de le dépasser, se hisse au même niveau que L'Année Du Tigre. Certes, l'identité est si nette et cet écho lointain à Shaka Ponk dans ses hits feront que ii3 ne mettra pas tout le monde d'accord. Mais clairement, il ne laissera pas indifférent, signe éminent que le trio parisien détient bien cette petite étincelle que l'on nomme communément « talent ».


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Margoth
8
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le 23 janv. 2017

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Margoth

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