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le 1 juin 2026
Comme tout album dont on a attendu la sortie depuis bien trop longtemps, c'est avec excitation ET inquiétude que j'ai enfin pu poser dessus mes oreilles fébriles ! Trois fois, en entier, concentré, après m'être enquillé la disco complète juste avant.
Et comme tout le monde j'ai vibré sur le fameux morceau issu de la "Tape 05" (présent ici sous le titre "Deep Time"), puis j'ai assisté en direct au reveal de "Prophecy At 1420 MHz", et j'avoue avoir été... légèrement déçu.
Une étonnante guitare et une batterie presque Cold Wave, beaucoup de voix samplées, et assez peu de mélodie. C'est agréable mais ce n'est pas cette lourdeur assez froide que j'aime dans BoC, ça a donc un peu tempéré mon attente démesurée.
Puis l'album est sorti
et c'est très très très bon.
Globalement je le trouve aussi loin de "Music has the right to children" que peut l'être tout le reste de la discographie du duo (et tant mieux, je n'aime pas vraiment le premier album qui manque à mon sens de mélodies marquantes). Il est plus proche de "Geoggadi" et "Tomorrow's Harvest", mais avec le recours à quelques vrais instruments comme sur "Campfire Headphase".
Un peu moins cryptique qu'un Geogaddi, pas de morceaux secs et immédiats entrecoupés d'interludes, mais plutôt des morceaux s'inspirant sans doute de BO de films tant ils prennent le temps de poser des ambiances, des instruments résonnants, des percussions plus lourdes et moins électroniques qu'à l'accoutumée, mais toujours ce souffle chaud, cette patte Lo-Fi inimitable...
Il réussit par contre un magnifique clin d'oeil à "Music has the right..." avec son avant dernier morceau "You Retreat In Time And Space", qui en reprend la vibe, un petit orgue rappelant "Olson" ou "Roygbiv" et des mélodies entêtantes et rafraichissante pour terminer l'album sur quelques doux rayons de soleil au bout d'un album dont on perçoit l'aspect infernal et crépitant.
Ce qu'Inferno apporte de nouveau, ce qui le démarque vraiment des précédents, c'est d'une part une dimension plus orientale présente sur plusieurs morceaux, à l'image de "Naraka" qui dans son intention peut être vue comme le "1969" de l'album, avec d'un côté un Yamaha CS-70M (certainement) et de l'autre un sample que j'imagine être un Hare Krishna... un grand moment de l'album et futur classique.
Et de l'autre je note davantage de samples de voix en phrases complètes, plus longues et moins répétitives qu'on nous y avait habitué. J'ajoute également quelques percussions et basses typés 80s du plus bel effet et retrait assez net des rythmiques hip hop présents dans les 4 albums précédents, et c'est même globalement un album bien moins electro que les précédents (dans le sens où les drum machines sont moins riches et travaillées, et moins expérimentales).
Le petit bémol que je trouve à l'album est que malgré un certain sens de la répétitivité propre à BoC, il y a un peu moins de morceaux bouclant un thème mélodique au synthé (à part par exemple sur Deep Time, malheureusement un peu court mais magnifique, ou les superbes "Blood In The Labyrinth" et "You Retreat In Time And Space" , mais on s'éloigne un peu d'un "Cold Earth" de l'album précédent, un "the beach at redpoint", ou un "Tears from the compound eye", m'voyez?).
Pour conclure, ravi d'entendre un 5e album avec sa propre personnalité et qui évite clairement la redite ! Une première moitié plus rythmée et sèche, plus riche en voix, puis une seconde plus douce et mélodique ; une structure qui donne une saveur particulière à l'album. Et même si j'aurais adoré retrouver la force d'un single à la "1969" ou "Dayvan Cowboy", j'y gagne des "Naraka", "Blood In The Labyrinth", "You Retreat In Time And Space" ou "Deep Time" qui vont terriblement me rester en tête, et un album global qui accompagnera merveilleusement comme tous les précédents mes trajets en bagnole, mes diners entre potes, mes journées de taff et mes expéditions en vélo.
Si c'était la BO d'un film, ce serait mon film de l'année grâce à sa BO.
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Créée
le 30 mai 2026
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